QUÉBEC – L’ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, a admis mercredi devant la commission Gallant qu’il détenait « des indices » des problèmes qui minaient le projet SAAQclic, et ce, « depuis longtemps ». Cette admission tardive, après des mois de dénégations, jette une lumière crue sur la gestion de ce fiasco informatique qui a coûté près d’un milliard de dollars aux contribuables québécois.
Longuement interrogé par la procureure de la commission, Me Mélanie Tremblay, M. Caire a finalement concédé qu’il n’avait pas toute l’information, mais qu’il avait des signaux d’alarme. « Je suis obligé de dire que… ouin », a-t-il laissé tomber, après une longue hésitation, reconnaissant ainsi qu’il n’avait pas été totalement transparent dans ses déclarations publiques antérieures.
Des alertes ignorées dès 2020
Les faits remontent à l’été 2020, alors que des dépassements de coûts de plus de 142 millions de dollars sont portés à l’attention du ministre. À l’époque, il se qualifie de « triste spectateur » de la situation, une expression qu’il a tenté de minimiser devant la commission en la qualifiant de « badinage ». Pourtant, un an plus tard, en septembre 2021, il écrit à sa cheffe de cabinet que la SAAQ est « en dépassement de coûts et d’échéancier depuis longtemps ».
Malgré ces signaux, M. Caire a manqué une rencontre cruciale avec le ministre des Transports de l’époque, François Bonnardel, et la PDG de la SAAQ, Nathalie Tremblay. La raison de son absence ? La remise de casques de vélo à des jeunes dans sa circonscription. Une décision qui, avec le recul, soulève de sérieuses questions sur ses priorités.
Une démission inévitable
La pression sur Éric Caire est devenue insoutenable après la publication du rapport dévastateur de la vérificatrice générale du Québec, en février 2025, qui a révélé l’ampleur du désastre : des dépassements de coûts de plus de 900 millions de dollars. Acculé, le ministre a remis sa démission, affirmant vouloir épargner sa famille. « Je ne voulais pas faire revivre ça à mes enfants, il n’y a pas une job qui vaut ça », a-t-il déclaré, ému, devant la commission.
Un système défaillant
Au-delà du cas personnel d’Éric Caire, c’est tout le système de gestion des projets informatiques de l’État qui est sur la sellette. La commission Gallant, présidée par le juge Denis Gallant, a pour mandat de faire la lumière sur les causes et les circonstances de ce fiasco. Les témoignages des différents acteurs, dont celui de l’ex-bras droit d’Éric Caire, Pierre E. Rodrigue, qui a révélé avoir reçu de mystérieux textos, dessinent le portrait d’une culture du secret, d’un manque de transparence et d’une dilution des responsabilités.
Le premier ministre François Legault lui-même n’est pas épargné. En mars 2023, il s’inquiétait d’avoir « l’air du fédéral avec ses passeports » et envisageait de congédier la PDG de la SAAQ. Mais les révélations de la commission montrent que le problème était bien plus profond et que le gouvernement a tardé à prendre la mesure de la crise.
L’affaire SAAQclic est devenue un symbole des ratés de la transformation numérique de l’État québécois. La commission Gallant devra déterminer les responsabilités de chacun et proposer des solutions pour éviter qu’un tel désastre ne se reproduise. Les citoyens, qui ont payé la facture de ce fiasco, attendent des réponses et méritent des réponses.
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