Vendredi 27 février 2026, au palais de justice de Saint-Jérôme, la trajectoire hors du commun de Sébastien Perreault a trouvé son épilogue judiciaire : 30 mois de prison ferme pour production, trafic et exportation de substances contrôlées, assortis de la confiscation de sa résidence de Blainville évaluée à 1,3 million de dollars.
Cet homme de 54 ans — ancien membre de clubs subalternes des Hells Angels, reconverti en dentiste, puis à la tête d’un réseau familial de fabrication de stéroïdes et de produits contre la dysfonction érectile — avait plaidé coupable à l’été 2025 avec quatre membres de sa famille. Leur organisation aurait généré jusqu’à 350 000 dollars de revenus annuels et expédié plus de 1 000 colis à travers l’Amérique du Nord entre 2019 et 2024.
Un itinéraire en trois actes : motard, dentiste, trafiquant
Le parcours de Sébastien Perreault défie les catégories. Dans sa jeunesse, il avait porté les couleurs des Death Riders Rive-Nord et des Rockers de Montréal, deux anciens clubs-écoles des Hells Angels actifs au Québec durant la période la plus sanglante de la guerre des motards (1994–2002). Ces organisations servaient de réservoirs de recrutement et d’exécutants pour les Hells Angels, et leurs membres étaient régulièrement mêlés à la distribution de drogues, au trafic d’armes et aux règlements de comptes.
Après avoir tourné le dos à ce milieu, Perreault a entrepris un virage radical : des études en dentisterie, un diplôme obtenu, et l’ouverture en 2016 d’une clinique dentaire installée dans le sous-sol de sa luxueuse demeure de Blainville, sur la couronne nord de Montréal. Pendant près d’une décennie, il a exercé la profession, accumulé une clientèle et, en apparence, refait sa vie.
Mais dans l’ombre de cet cabinet légal s’est développée une activité parallèle. À une date encore imprécisément établie mais qui remonte à au moins 2017, Perreault a mis sur pied une infrastructure de production de stéroïdes anabolisants et de produits favorisant la performance sexuelle — le tout depuis son garage de Blainville, transformé en laboratoire clandestin équipé de presses industrielles, d’ensacheuses et de milliers de capsules, fioles et emballages. Des boîtes portant les références de sa propre clinique dentaire ont été retrouvées lors des perquisitions.
Un réseau familial aux ramifications commerciales transnationales
L’une des caractéristiques les plus frappantes de ce dossier est son caractère résolument familial. Sébastien Perreault n’a pas opéré seul : sa conjointe Stéphanie Charbonneau, sa fille Léanna Perreault, son fils Jean-Sébastien Perreault et son gendre Raphaël Habel ont tous été impliqués dans les opérations et formellement accusés. Un second laboratoire clandestin a été découvert dans une pièce secrète aménagée dans le sous-sol de la résidence de Léanna et Raphaël, à Bois-des-Filion.
L’ampleur commerciale de l’opération dépasse largement le cadre d’un trafic artisanal. Selon une analyse comptable réalisée à partir des données saisies lors des perquisitions, le chiffre d’affaires du réseau se serait établi entre 340 000 et 350 000 dollars par année, entre 2019 et 2023. Les produits étaient commercialisés en ligne et expédiés par voie postale — une méthode qui a permis au réseau d’atteindre une clientèle internationale.
| Destination | Nombre de colis expédiés (2022–2024) |
|---|---|
| États-Unis | 678 |
| Canada | 318 |
| Australie | 3 |
| Mexique | 3 |
| Total | plus de 1 000 |
Tableau 1. Destinations des exportations du réseau Perreault selon les données comptables saisies lors des perquisitions, 2022–2024.
L’enquête de l’Antigang du SPVM et l’effondrement du réseau
C’est la section Antigang du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui a mis fin aux activités du réseau. Après avoir recueilli des renseignements sur les activités de Perreault, les enquêteurs ont déclenché une enquête et obtenu des mandats de perquisition visant la résidence de Blainville et celle de la fille de l’accusé. Les fouilles ont permis de saisir d’importantes quantités de substances, du matériel de production et d’emballage, des données comptables détaillées, et une veste des Death Riders — un rappel de l’ancien monde de l’accusé.
Arrêté formellement le 23 avril 2025, Sébastien Perreault faisait face à des accusations de production, possession, trafic et exportation de stupéfiants, ainsi qu’à un chef de possession non autorisée d’une arme à feu. En juillet 2025, le procureur général du Québec avait obtenu des ordonnances de blocage sur les deux propriétés familiales, en vue de garantir une éventuelle créance de l’État — une procédure préventive visant à empêcher la dissipation des biens infractionnels. Perreault avait été radié de l’Ordre des dentistes du Québec dès le 1er avril 2025, officiellement pour défaut de paiement des frais annuels d’adhésion.
En août 2025, Perreault et ses quatre proches ont plaidé coupable. L’accusé a alors été libéré sous conditions pour intégrer un programme de thérapie fermée, en lien avec ses problèmes de consommation de MDMA apparus dans les années précédentes.
La sentence : prison, confiscation et une juge qui reconnaît la rédemption passée
Vendredi, la juge Sophie Lavergne de la Cour du Québec a condamné Sébastien Perreault à 30 mois d’incarcération — une peine proche du maximum prévu de trois ans pour les infractions en cause. En soustrayant la détention préventive déjà purgée, il lui reste 21 mois à purger derrière les barreaux. Il devra également effectuer des travaux communautaires à sa libération.
Avant de recevoir sa sentence, Perreault a pris la parole. « Je regrette énormément mes actions. Ma période passée en maison de thérapie m’a aidé. J’ai les idées beaucoup plus claires aujourd’hui. Je me rends compte du tort que j’ai pu faire à ma famille et j’aimerais m’en excuser. Je vais faire face à ce qui s’en vient et je vais redevenir un actif pour la société par la suite », a-t-il déclaré.
La juge Lavergne a reconnu cette démarche tout en maintenant une peine ferme. « Vous avez pris la balle au bond. Vous vous êtes repris en main avec la thérapie que vous avez faite. Vous avez montré par le passé que vous avez été capable de vous reprendre en main, de devenir un actif pour la société quand vous avez fait justement votre formation professionnelle », lui a-t-elle dit. Le procureur de la Couronne Me Sédrik Valiquette a qualifié la sentence de « bon équilibre entre dénonciation, dissuasion et réhabilitation ».
La conjointe de Perreault, ses deux enfants et son gendre ont pour leur part été condamnés à des peines variant entre 15 mois d’emprisonnement à purger dans la collectivité et une absolution conditionnelle, assorties de plusieurs centaines d’heures de travaux communautaires.
La maison de 1,3 million de dollars : saisie par l’État
La condamnation de Sébastien Perreault s’accompagne d’une perte patrimoniale majeure : la résidence de Blainville, évaluée à 1,3 million de dollars par la municipalité, où il vivait, exerçait la dentisterie et fabriquait ses produits illicites, a été confisquée au profit du procureur général du Québec. Des hypothèques légales grèvent toutefois la propriété, si bien que l’équité nette récupérable par l’État est d’environ 300 000 dollars. Plus de 40 000 dollars en liquidités ont également été saisis.
Cette confiscation s’inscrit dans le cadre des pouvoirs de récupération des produits de la criminalité prévus par la loi québécoise, qui permettent à l’État de récupérer des biens dont la valeur est liée, directement ou indirectement, à des activités criminelles. Le fait que le laboratoire de production ait été installé dans cette même résidence, et que des boîtes portant l’identité de la clinique dentaire de Perreault aient servi à conditionner les produits illicites, a rendu particulièrement solide l’argument du « bien infractionnel » devant les tribunaux.
Un dossier qui illustre la porosité entre réhabilitation et récidive
L’affaire Perreault soulève des questions qui dépassent le seul destin d’un individu. Elle illustre la complexité des trajectoires de sortie du crime organisé : un homme qui a réellement rompu avec les Hells Angels, obtenu un diplôme universitaire, exercé une profession reconnue pendant près d’une décennie — et qui a néanmoins glissé, insidieusement, vers un nouveau modèle criminel, camouflé cette fois derrière la façade respectable d’une clinique de banlieue. La consommation de MDMA, évoquée comme facteur aggravant dans les procédures, soulève également la question de la vulnérabilité aux rechutes même chez les individus qui semblent avoir réussi leur réinsertion. La juge Lavergne, en reconnaissant la capacité passée de Perreault à « redevenir un actif pour la société », a choisi de ne pas fermer définitivement la porte à un second recommencement.
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Références
Journal de Québec. (2026, 27 février). Trafic de stéroïdes de chez lui : un ex-dentiste écope de 30 mois et perd sa luxueuse maison. https://www.journaldequebec.com/2026/02/27/trafic-de-steroides-de-chez-lui-un-ex-dentiste-ecope-de-30-mois-et-perd-sa-luxueuse-maison
Journal de Montréal. (2025, 16 juillet). Ex-dentiste accusé de trafic de stupéfiants : Québec gèle deux maisons sur la couronne nord. https://www.journaldemontreal.com/2025/07/16/ex-dentiste-accuse-de-trafic-de-stupefiants-quebec-met-la-main-sur-deux-maisons-sur-la-couronne-nord
CIME FM Laurentides. (2025, 16 juillet). Ex-dentiste de Blainville arrêté au printemps : sa maison de 1,3 M$ gelée. https://laurentides.cime.fm/nouvelles/711772/sa-maison-de-1-3-m-gelee
L’Encyclopédie canadienne. (s.d.). Guerre des motards au Québec (1994–2002). https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/guerre-des-motards-au-quebec
L’actualité. (2026, 27 février). Le SPVM effectue des perquisitions en lien avec la mort de Nooran Rezayi [contexte sur l’Antigang SPVM]. https://lactualite.com/actualites/le-spvm-effectue-des-perquisitions-en-lien-avec-la-mort-de-nooran-rezayi/