Quatre adolescentes de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc (JHL) de Granby ont lancé le 23 février 2026 une pétition dénonçant un climat généralisé de violence et d’intimidation au sein de leur établissement, après avoir été elles-mêmes victimes de gestes graves restés sans réponse de la direction.
Ayant recueilli plus de 2 000 signatures en quelques jours, leur appel a conduit à l’ouverture d’une enquête policière par le Service de police de Granby et à une rencontre avec la directrice de l’école. L’affaire met en lumière une crise qui, selon les syndicats de l’établissement, couve depuis plusieurs années — et qui dépasse les murs d’une seule école.
Des gestes graves, une direction silencieuse
La tête de pont de ce mouvement est Eva Belanger, une élève de l’école JHL. Dès la première semaine de septembre 2025, un camarade l’a publiquement humiliée à la cafétéria en lui tenant un cellulaire sous le nez comme un micro et en lui lançant une insulte sexiste devant ses pairs. Eva est partie en pleurant aux toilettes. « Pourquoi moi ? Pourquoi ils s’en prennent à moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? », répétait-elle. Depuis, les incidents se succèdent : appels insultants au milieu de la nuit, photos diffusées sans consentement sur les réseaux sociaux, commentaires haineux en ligne. Ses plaintes à la direction sont restées sans suite, dit-elle.
Ses amies ont vécu des situations tout aussi alarmantes. Maina Dumoulin s’est fait déboîter l’épaule début février lorsqu’un élève l’a brusquement « ramassée » dans le couloir alors qu’elle se rendait en classe. La direction, dit-elle, n’a pas jugé utile de consulter les caméras de surveillance. C’est un autre incident, survenu mardi 25 février, qui a déclenché la mobilisation : Mia Rose Costantino a été projetée contre un casier, sa main droite « enflée et mauve ». Lorsqu’elle s’est présentée au bureau de la direction, une directrice lui aurait répondu : « Je ne peux rien faire pour toi. » Mia a dû appeler elle-même sa mère pour être emmenée à l’hôpital, où les médecins ont diagnostiqué une entorse à l’épaule et un ligament déchiré.
Une pétition virale, une enquête policière déclenchée
Face à cette accumulation, les quatre amies ont rédigé et diffusé leur pétition sur Change.org sous le titre « Écoutez les élèves de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc ». Le texte interpelle directement la direction en des termes sans équivoque : « Vous êtes censés être là pour nous. Vous êtes censés nous encadrer, nous protéger, nous écouter. On veut pouvoir venir à l’école sans avoir une boule dans l’estomac. »
La pétition a rapidement dépassé les 2 000 signatures. Elle a aussi attiré l’attention des autorités policières : le Service de police de Granby a confirmé avoir ouvert une enquête en lien avec « certains » éléments mentionnés dans le document. « Nous sommes préoccupées par le fait que les jeunes ne se sentent pas en sécurité à l’école. Nous sommes en contact étroit avec les intervenants de l’école et du milieu communautaire », a déclaré l’agente sociocommunautaire Laury Gagné.
Le protecteur national de l’élève, Me Jean-François Bernier, a salué publiquement le « courage » des adolescentes, une reconnaissance rare et significative de la part de cette instance officielle.
Des parents épuisés d’être ignorés
Les mères de deux des plaignantes, Cherilyn Goyette et Véronique Deneault, disent avoir elles aussi tenté à de nombreuses reprises d’alerter l’école, en vain. « En tant que parent, on se sent impuissant face à ça », confie Véronique Deneault, mère de Mia. « On laisse nos enfants dans une école en pensant qu’ils sont entre de bonnes mains, et finalement ils sont laissés à eux-mêmes. »
Ce sentiment d’abandon parental face à l’institution scolaire est documenté. Il renvoie à une dynamique systémique que le protecteur national de l’élève a lui-même dénoncée dans son rapport annuel 2024-2025, déposé le 11 février dernier : les plans de lutte contre l’intimidation et la violence présentent des « lacunes à plusieurs reprises », les situations de violence ne sont pas « toujours prises au sérieux » par les établissements, et les fermetures estivales entravent le traitement des plaintes, privant les élèves et leurs familles de leurs recours dans les délais prévus par la loi.
Un malaise structurel dénoncé par les syndicats depuis des années
La réaction des trois syndicats de l’établissement ajoute une dimension systémique au témoignage des adolescentes. Sophie Veilleux, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, est directe : « Depuis quelques années, la situation s’y détériore. Mais là on a l’impression que cette année ça culmine. » Elle dénonce des bagarres répétées, des attroupements si denses que les adultes ne peuvent plus s’interposer, et des sanctions insuffisamment sévères qui, selon elle, envoient « le mauvais message aux jeunes ».
Les enseignants ne sont pas épargnés. Selon Mme Veilleux, des professeurs subissent eux aussi des impolitesses, des propos agressifs, des menaces, voire des bousculades et des crachas. « Pleurer en allant à l’école, pleurer en revenant à la maison, avoir peur, constamment, en ne sachant pas ce qui va se passer dans la journée, ça en pousse plusieurs à ne plus vouloir revenir », s’attriste-t-elle. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : juste avant les Fêtes de décembre 2025, sur sept professionnels en poste à l’école JHL, quatre étaient en arrêt de travail.
Marcelle Télémaque, présidente du Syndicat des professionnelles et professionnels de l’éducation pour les régions de Richelieu et de Yamaska, pointe également un facteur aggravant : un redécoupage territorial récent aurait concentré à l’école JHL un plus grand nombre d’élèves issus de milieux défavorisés ou présentant des difficultés d’apprentissage ou de comportement, sans que les ressources professionnelles suivent. « Quand une telle situation survient, il faut que les services suivent, pas qu’il y ait des coupures », s’indigne-t-elle.
Tableau des incidents et intervenants impliqués
| Élève | Incident allégué | Réponse de la direction | Suite |
|---|---|---|---|
| Eva Belanger | Insulte publique, cyberharcèlement, appels nocturnes | Absence de suivi | Pétition déposée |
| Maina Dumoulin | Épaule déboîtée lors d’une bousculade | Refus de consulter les caméras | Pétition déposée |
| Mia Rose Costantino | Projetée contre un casier, ligament déchiré | « Je ne peux rien faire pour toi » | Hôpital, enquête policière |
| Lorie St-Denis | Intimidation prolongée, menaces de mort alléguées | Non précisée | Pétition déposée |
Tableau 1. Incidents allégués par les quatre élèves à l’origine de la pétition, école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, Granby, 2025-2026.
La direction amorce un dialogue, mais le chemin reste long
La directrice de l’établissement, Anne-Marie Ménard, a rencontré les adolescentes dans les heures suivant la publication de la pétition. « On a pu échanger sur leurs préoccupations », a-t-elle déclaré en entrevue. Elle a annoncé que l’école travaillait depuis l’automne à l’élaboration d’un plan de « vivre ensemble » en collaboration avec la Clinique de polarisation de Montréal, des acteurs communautaires et le Service de sécurité publique. Les élèves seront désormais intégrées à ce comité, et les membres du personnel feront l’objet d’une formation pour mieux accueillir la parole des élèves.
Maina Dumoulin a senti une « plus grande ouverture » à l’issue de la rencontre. « Notre but, c’est vraiment de travailler ensemble pour améliorer le climat dans l’école », a-t-elle dit. Le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska salue ces initiatives, mais dénonce leur lenteur : il sonne l’alarme sur la violence à JHL depuis « plusieurs années ».
Un signal d’alarme qui dépasse Granby
L’affaire de l’école JHL résonne bien au-delà des murs de Granby. Elle s’inscrit dans un contexte national préoccupant : selon le rapport 2024-2025 du Protecteur national de l’élève, les plaintes pour violence et intimidation dans les établissements scolaires québécois ont bondi de 60 à 86 entre les deux dernières années scolaires, tandis que les actes de violence à caractère sexuel représentent 133 des 1 077 plaintes reçues — des situations que Me Bernier juge « trop souvent banalisées » par les équipes-écoles.
La question qui se pose avec acuité, à Granby comme ailleurs, est celle de la cohérence entre les obligations légales qui pèsent sur les établissements scolaires en matière de sécurité des élèves et les moyens réellement déployés pour y répondre. Quatre adolescentes ont eu le courage de la poser à voix haute. Leur pétition, avec ses 2 000 signatures, est peut-être le début d’une réponse.
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Références
La Presse. (2026, 26 février). Élèves victimes d’intimidation : « On veut pouvoir venir à l’école sans avoir une boule dans l’estomac ». https://www.lapresse.ca/actualites/2026-02-26/eleves-victimes-d-intimidation/on-veut-pouvoir-venir-a-l-ecole-sans-avoir-une-boule-dans-l-estomac.php
Journal de Montréal. (2026, 26 février). Climat de violence dénoncé dans une école secondaire de Granby : une enquête policière ouverte en lien avec une pétition. https://www.journaldemontreal.com/2026/02/26/climat-de-violence-denonce-dans-une-ecole-secondaire-de-granby-une-enquete-policiere-ouverte-en-lien-avec-une-petition
La Presse / La Presse Canadienne. (2026, 11 février). La violence à caractère sexuel trop souvent banalisée dans le réseau scolaire. https://www.lapresse.ca/actualites/education/2026-02-11/rapport-du-protecteur-national-de-l-eleve/la-violence-a-caractere-sexuel-trop-souvent-banalisee-dans-le-reseau-scolaire.php
Protecteur national de l’élève du Québec. (2026). Rapport annuel 2024-2025. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/org/protecteur-national-eleve/Rapport_annuel_d_activite/PNE_Rapport-Annuel2024-2025_web.pdf
Change.org. (2026, 23 février). Écoutez les élèves de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc. https://www.change.org/p/écoutez-les-élèves-de-l-école-secondaire-joseph-hermas-leclerc-4ed16594-4e4c-495a-8fbd-d644900d38d4