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Justice : le verdict tombe, les projets s’effondrent

Image d'illustration générée par une intelligence artificielle

Après les ratés de SAAQclic et les déboires des projets informatiques en santé, c’est au tour du ministère de la Justice de voir ses ambitions numériques paralysées. Des projets de plusieurs dizaines de millions de dollars, visant à moderniser un système judiciaire engorgé, sont retardés de plusieurs années, tandis que d’autres sont carrément suspendus, laissant les acteurs du système dans l’attente et les contribuables avec une facture qui ne cesse de grimper.

Le gouvernement du Québec a discrètement repoussé de quatre ans la livraison de chantiers majeurs, comme le projet Lexius, qui devait numériser l’ensemble des dossiers judiciaires de la province. Parallèlement, des logiciels développés à grands frais pour fluidifier les communications entre policiers, procureurs et avocats sont laissés en plan, soulevant de sérieuses questions sur la capacité de l’État à mener à bien sa transformation numérique.

Lexius : un chantier de 80 millions reporté à 2029

Au cœur de la tourmente se trouve le projet Lexius, un chantier colossal de 80,8 millions de dollars. Son objectif : remplacer les montagnes de papier qui s’accumulent dans la cinquantaine de palais de justice du Québec par un système numérique intégré. La promesse était de simplifier les démarches et d’accélérer le traitement des dossiers. Initialement prévue pour mai 2024, la livraison a été repoussée à juin 2029.

Ce retard de quatre ans a été annoncé en avril, en pleines audiences de la commission Gallant sur le fiasco de SAAQclic. Le ministère de la Justice évoque une « révision de la planification globale » avec le prestataire de services, la firme montréalaise CGI, qui a décroché un contrat de 43,6 millions de dollars en février 2024. Malgré ce report, le gouvernement assure que le budget initial sera respecté. À ce jour, 39 millions ont déjà été dépensés.

Le cabinet du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, qui a refusé nos demandes d’entrevue, a reconnu par écrit qu’il aurait souhaité « une livraison plus rapide ». Il justifie ce délai par la nécessité de s’assurer du « bon fonctionnement de chacune des phases du projet » pour éviter des « répercussions graves pour les citoyens ».

Cette situation inquiète vivement le Barreau du Québec. « On aurait souhaité que tout le projet Lexius soit livré pour que les citoyens puissent en bénéficier », a déclaré Sylvie Champagne, secrétaire de l’ordre des avocats. Elle rappelle que la prédominance du papier dans le système judiciaire entraîne des déplacements et des délais, particulièrement dans les régions éloignées. De plus, le retard de Lexius empêche l’uniformisation des données, ce qui permettrait de mieux identifier les goulots d’étranglement dans le système.

GESTE et DIAMANT : des projets suspendus ou dans le flou

Le projet Lexius n’est pas le seul à connaître des difficultés. Un autre projet de 16,1 millions de dollars visant à améliorer la gestion des audiences virtuelles a également été retardé de quatre ans.

De son côté, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a suspendu le déploiement du projet GESTE (gestion électronique des dossiers de poursuites). Après avoir dépassé son budget initial de 18,4 millions, le DPCP refuse d’expliquer clairement les raisons de cette suspension, se contentant d’évoquer des « analyses » pour s’assurer de la stabilité et de la fiabilité des logiciels. En attendant, les procureurs, les policiers et les avocats de la défense continuent de s’échanger des documents sur papier ou via des clés USB, une pratique que GESTE devait justement abolir.

Enfin, un nouveau projet, baptisé DIAMANT, a été lancé par le Bureau des infractions et amendes (BIA). Son ampleur a justifié la création d’une nouvelle direction, mais le ministère de la Justice refuse pour l’instant de dévoiler le moindre coût estimatif, le projet étant encore en phase de planification.

Un mal endémique : la « dette technologique » de l’État

Ces échecs à répétition dans les projets informatiques gouvernementaux ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le symptôme d’un mal plus profond, que les experts appellent la « dette technologique ». Pendant des années, le gouvernement a sous-investi dans ses infrastructures informatiques, se retrouvant aujourd’hui avec des systèmes désuets et une lourdeur administrative qui freine toute tentative de modernisation.

Cette situation a créé une forte dépendance envers les grandes firmes de consultants externes. Les données compilées par Le Journal de Québec révèlent que des géants comme Microsoft, CGI, Oracle, IBM et SAP ont obtenu des contrats totalisant plusieurs milliards de dollars au cours de la dernière décennie. Le consortium derrière SAAQclic (SAP, IBM et sa filiale LGS) a lui seul engrangé près de 2 milliards de dollars en contrats publics depuis 2014.

Le fiasco du système de paie Phénix au niveau fédéral, qui a coûté plus de 3 milliards de dollars, est un exemple tristement célèbre des risques associés à ces projets d’envergure. La commission Gallant, dont le mandat a été prolongé jusqu’en décembre 2025, continue de mettre en lumière les failles systémiques dans la gestion de ces projets au Québec.

Face à cette série de revers, la question demeure : le gouvernement sera-t-il un jour capable de mener à bien sa transformation numérique sans que les coûts et les délais n’explosent ? Pour l’instant, le système de justice québécois, comme d’autres services publics, reste prisonnier d’une modernisation qui tarde à se concrétiser, au grand dam des citoyens et des professionnels qui en subissent les conséquences au quotidien.

Note sur ce contenu : Cet article a été rédigé en collaboration avec une IA, puis révisé par un membre de notre équipe. Bien que nous visions la plus grande précision, des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance est précieuse : si quelque chose vous semble incorrect, merci de nous le signaler.

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