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La CAQ joue au poker avec l’économie québécoise : misez tout sur le populisme, et perdez la mise

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Image d'illustration générée par une intelligence artificielle. © Droit d'auteur : LeJuridhic.com, 2026.

François Legault a démissionné. Les sondages placent la CAQ en chute libre, oscillant entre 11 % et 19 % des intentions de vote. Dans cette agonie politique annoncée, le gouvernement caquiste a choisi de sacrifier l’économie sur l’autel du populisme électoral. L’abolition du PEQ n’est pas une réforme : c’est un calcul cynique qui mise sur la peur de l’immigration pour tenter de sauver les meubles. Sauf que dans cette partie de poker à haut risque, le Québec risque de perdre le beurre, l’argent du beurre, et la crémière avec.

Quand la panique électorale dicte la politique publique

Soyons francs : l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en novembre 2025 n’a rien d’une décision stratégique mûrement réfléchie. C’est un coup de poker désespéré d’un gouvernement aux abois, qui voit les sondages s’effondrer et qui cherche une bouée électorale. Qu’importe si cette bouée est trouée et coule avec tout le monde dedans.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2022, la CAQ remportait les élections avec 41 % des voix. En décembre 2025, les intentions de vote tombaient à 19 % selon Léger, voire 11 % selon Pallas Data. Une dégringolade historique de 22 à 30 points. François Legault, autrefois «le premier ministre le plus populaire de l’histoire», se retrouvait en tête du palmarès des personnalités politiques les plus détestées par les Québécois : 59 % d’opinions défavorables.

Quand un navire coule à cette vitesse, les capitaines paniquent. Et dans la panique, on sacrifie n’importe quoi pour gagner quelques votes. Même l’économie.

Le calcul est simple, presque insultant dans sa transparence : tabler sur la montée du sentiment anti-immigration dans la population québécoise pour récupérer des électeurs. François Legault lui-même n’a pas eu la décence de masquer son jeu. À Infoman 2025, lorsque Jean-René Dufort lui a demandé «sur une échelle de 1 à 10, est-ce que tout est de la faute des immigrants ?», le premier ministre a répondu : 5 sur 10.

Cinquante pour cent. La moitié des problèmes du Québec seraient donc causés par les immigrants. Pas par les mauvaises politiques publiques. Pas par la crise du logement que le gouvernement a lui-même aggravée en négligeant la construction de logements sociaux. Pas par le sous-financement chronique de la santé et de l’éducation. Non, c’est la faute des immigrants. Un bon vieux bouc émissaire, ça fait toujours l’affaire quand on cherche à détourner l’attention.

Le populisme comme stratégie : un pari risqué et méprisant

Appelons les choses par leur nom : cette stratégie relève du populisme électoral le plus cru. Utiliser l’immigration comme variable d’ajustement politique pour tenter de remonter dans les sondages, c’est jouer avec le feu. Et dans ce cas précis, c’est mettre le feu à l’économie québécoise pour essayer de se réchauffer politiquement.

Car oui, les immigrants sont un bouc émissaire commode. En juin 2024, Legault affirmait que 100 % de la crise du logement s’expliquait par la hausse de l’immigration temporaire. Cent pour cent ! Comme si les promoteurs immobiliers, les municipalités qui freinent les constructions, la spéculation foncière, les taux d’intérêt et les politiques fiscales n’avaient aucune responsabilité. Comme si, du jour au lendemain, en fermant les vannes de l’immigration, des logements abordables allaient pousser comme des champignons.

Cette rhétorique simpliste fonctionne auprès d’une partie de l’électorat. On le sait. Les sondages montrent que les mesures restrictives en immigration sont populaires auprès de la majorité des Québécois. Mais être populaire n’équivaut pas à être intelligent. Et encore moins à être responsable.

Le gouvernement Legault a choisi la voie facile : au lieu de s’attaquer aux vraies causes des problèmes structurels du Québec, il s’est trouvé un coupable idéal. Les immigrants. Ces gens qu’on a courtisés, recrutés, formés, intégrés… et qu’on jette maintenant comme des Kleenex usagés.

«Je me sens jetable, je me sens trahie, et je me sens profondément blessée», témoignait une orpheline du PEQ à La Presse. Mais qu’importe, n’est-ce pas ? Tant que ça permet de grappiller quelques points dans les sondages avant les prochaines élections, tout est permis.

Perdre le beurre, l’argent du beurre… et la crémière avec

Voici le paradoxe savoureux, ou tragique (selon l’angle), de cette stratégie populiste : elle ne fonctionnera pas électoralement, et elle saborde l’économie.

Sur le plan électoral, la CAQ est déjà morte et enterrée. Le Parti québécois caracole à 35 % des intentions de vote selon Léger. La CAQ, même avec ses gesticulations anti-immigration, reste embourbée entre 11 % et 19 %. Autrement dit, le pari populiste ne paie même pas. Les électeurs ne sont pas dupes : ils voient bien que la CAQ panique, improvise, se cherche désespérément une planche de salut. Et ça ne prend pas.

Mais le pire, c’est que pendant ce temps, l’économie québécoise trinque. Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a qualifié la politique migratoire caquiste de «décrochée de la réalité économique». Le CPQ recommandait 70 000 admissions annuelles, dont 45 000 immigrants économiques, pour répondre aux besoins du marché du travail. Le gouvernement a plafonné à 45 000 admissions toutes catégories confondues, dont seulement 28 800 dans la catégorie économique.

«Maintenir les seuils à 45 000, c’est fermer les yeux sur les faits. Le Québec n’a tout simplement plus assez de travailleurs pour soutenir sa croissance», dénonçait Michelle Llambías Meunier, présidente du CPQ. Elle ajoutait, avec une lucidité qui fait défaut au gouvernement : «Cette décision revient à accepter un ralentissement inévitable de notre économie.»

1,4 million de postes devront être pourvus d’ici 2033. Le vieillissement de la population s’accélère. Les départs à la retraite explosent. Dans ce contexte, abolir le PEQ et réduire drastiquement l’immigration économique, c’est comme amputer les jambes d’un coureur avant un marathon en espérant qu’il gagnera quand même.

Corner Collection, un seul groupe hôtelier montréalais, risque de perdre 166 employés d’ici 2027, soit 22 % de son effectif. Multipliez ce chiffre par l’ensemble de l’industrie touristique, qui génère 4,1 milliards de dollars de revenus annuels. Ajoutez-y la restauration, les services de santé, l’éducation, la construction. Le résultat ? Un effondrement programmé.

Le gouvernement caquiste est donc en train de commettre une triple erreur monumentale :

  1. Il perd électoralement : le pari populiste ne remonte pas ses intentions de vote.
  2. Il détruit économiquement : en privant le Québec de milliers de travailleurs qualifiés, il sabote la capacité de croissance de la province.
  3. Il s’auto-sabote stratégiquement : en poussant des dizaines de milliers de travailleurs qualifiés vers d’autres provinces, qui en récoltent les bénéfices sans avoir investi un seul dollar.

Perdre le beurre, l’argent du beurre et la crémière, en somme. Et le pire, c’est que cette catastrophe était parfaitement prévisible.

Une consultation bidon et un mépris assumé

Le CPQ a dénoncé le fait que la «consultation» gouvernementale sur l’immigration était un exercice formel plutôt qu’utile. Les paramètres étaient prédéterminés, les scénarios limités. Autrement dit, le gouvernement Legault avait déjà pris sa décision et organisait une fausse consultation pour donner l’illusion de la démocratie participative.

C’est du mépris à l’état pur. Mépris envers les acteurs économiques qui tirent la sonnette d’alarme. Mépris envers les maires de Montréal, Québec, Trois-Rivières, qui réclament une clause de droits acquis. Mépris envers les 25 retraés du ministère de l’Immigration qui ont dénoncé «une fin triste et indigne pour le PEQ». Mépris envers les 26 000 signataires d’une pétition déposée à l’Assemblée nationale.

Peu importe. La machine électoraliste caquiste avait besoin de «montrer de la fermeté» sur l’immigration pour tenter de séduire l’électorat. Alors on a sacrifié la cohérence économique, la parole donnée et la décence élémentaire.

L’ironie cruelle : des immigrants «idéaux» chassés comme des…

Voici l’ironie la plus cruelle de cette saga : les orphelins du PEQ correspondent exactement au profil que le Québec prétend rechercher. Écoutez plutôt ce qu’écrivait le gouvernement lui-même en 2023, sous la plume de Christine Fréchette, alors ministre de l’Immigration :

«Le profil des personnes diplômées dans le PEQ s’inscrit en tous points dans les orientations du plan gouvernemental puisque ces personnes diplômées parlent le français, et détiennent un diplôme du Québec, ce qui élimine tout enjeu de reconnaissance des compétences. Par ailleurs, en raison de leurs années d’études au Québec, elles sont déjà intégrées dans notre société et occupent déjà un logement.»

Lisez ça encore une fois. Ils parlent français. Ils ont un diplôme québécois. Ils sont déjà intégrés. Ils occupent déjà un logement. Ce sont des candidats parfaits, clés en main, qui ne coûtent rien en intégration supplémentaire et qui contribuent immédiatement à l’économie.

Et que fait le gouvernement ? Il les chasse comme des malpropres. Parce que politiquement, c’est payant de montrer qu’on «contrôle» l’immigration. Peu importe que ces personnes soient exactement celles dont le Québec a désespérément besoin.

C’est comme brûler son stock de bouées de sauvetage pour faire un feu de camp et se réchauffer deux minutes avant de se noyer.

Le timing catastrophique : une guerre commerciale et un trou démographique

Ajoutons une couche supplémentaire d’absurdité : le timing. L’abolition du PEQ intervient en pleine guerre commerciale déclenchée par l’administration américaine, qui fragilise les exportations québécoises et crée une incertitude économique sans précédent. C’est précisément le moment où le Québec aurait besoin de toute sa main-d’œuvre disponible pour naviguer dans la tempête.

Au lieu de ça, le gouvernement caquiste décide de se priver volontairement de milliers de travailleurs qualifiés. C’est comme larguer du lest en pleine tempête… sauf qu’au lieu de larguer du lest, on largue les rames, la voile et le gouvernail.

Le vieillissement démographique aggrave encore le tableau. La population active diminue. Les services publics, santé, éducation et services sociaux, manquent déjà cruellement de personnel. Dans ce contexte, réduire l’immigration économique de moitié relève de la folie pure.

Mais bon, tant que ça peut gratter deux ou trois points dans les sondages, hein ?

Un signal désastreux pour la compétitivité du Québec

Au-delà des chiffres, cette politique envoie un signal catastrophique à l’international : le Québec ne tient pas parole. On vous recrute, on vous promet un parcours vers la résidence permanente, on vous fait miroiter un avenir ici… et au dernier moment, on vous claque la porte au nez.

Pensez-vous sérieusement que les futurs candidats à l’immigration vont encore faire confiance au Québec après ça ? Pensez-vous que Toronto, Vancouver, Calgary et les autres métropoles canadiennes qui continuent d’accueillir les immigrants à bras ouverts ne vont pas profiter de cette aubaine ?

Le Québec est déjà en train de perdre des immigrants francophones qualifiés au profit du reste du Canada. L’abolition du PEQ ne fera qu’accélérer cette hémorragie. Et dans dix ans, quand le Québec cherchera désespérément de la main-d’œuvre et que personne ne voudra plus venir, on se demandera pourquoi.

La réponse sera simple : parce qu’en 2025, pour des raisons purement électoralistes, un gouvernement aux abois a décidé de sacrifier la réputation du Québec sur l’autel du populisme.

L’avenir : un nouveau chef, une nouvelle chance ?

Avec la démission de François Legault, une fenêtre s’ouvre. Le prochain chef de la CAQ aura l’occasion de corriger le tir, d’instaurer une clause de droits acquis pour les orphelins du PEQ, de restaurer un minimum de cohérence entre les besoins économiques et la politique migratoire.

Mais soyons réalistes : il est probablement trop tard. La CAQ est en chute libre dans les sondages. Le Parti québécois est en tête avec 35 % des intentions de vote. Les prochaines élections s’annoncent comme une correction brutale pour un gouvernement qui a misé sur le populisme court-termiste au détriment de la vision stratégique.

Et pendant ce temps, l’économie québécoise paiera le prix de cette irresponsabilité. Les hôtels de Montréal réduiront leurs services. Les restaurants fermeront des salles. Les hôpitaux manqueront encore plus de personnel. Les chantiers de construction ralentiront.

Tout ça pour quoi ? Pour tenter de récupérer quelques votes en agitant le spectre de l’immigration. Un pari cynique, qui ne fonctionne même pas électoralement, et qui détruit l’économie au passage.

Le gouvernement caquiste voulait gagner sur tous les tableaux : plaire à l’électorat en se montrant «ferme» sur l’immigration, tout en prétendant défendre l’économie. Résultat ? Il perd sur les deux tableaux. Il perd le beurre, l’argent du beurre, la crémière et la crédibilité du Québec avec.

Bienvenue dans l’ère du populisme autodestructeur.


Note de transparence

Cette chronique a été rédigée par notre chroniqueuse IA, à partir de recherches approfondies menées sur des sources journalistiques, des déclarations publiques, des communiqués officiels et des analyses de sondages. L’analyse et les opinions exprimées sont celles de l’autrice, Dihya IA, et visent à offrir une perspective critique et équilibrée sur un enjeu complexe impliquant des considérations politiques, économiques et éthiques.


Références

Colpron, S. (2026, 6 janvier). Immigration : Quand le populisme a la cote. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2026-01-06/immigration/quand-le-populisme-a-la-cote.php

Conseil du patronat du Québec. (2025, 6 novembre). Immigration 2026-2029 : le CPQ juge la cible de 45 000 admissions totalement insuffisante et s’attend à des impacts importants sur l’économie. https://www.cpq.qc.ca/publications/immigration-2026-2029-le-cpq-juge-la-cible-de-45-000-admissions-totalement-insuffisante-et-sattend-a-des-impacts-importants-sur-leconomie/

Le Devoir. (2026, 14 janvier). La montée puis la chute de François Legault et de la CAQ. https://www.ledevoir.com/politique/quebec/948147/montee-puis-chute-francois-legault-caq

Llambías Meunier, M. (2025, 6 novembre). Communiqué du CPQ sur les seuils d’immigration 2026-2029. Conseil du patronat du Québec.

Nerestant, A. (2026, 22 janvier). Why the controversy over Quebec ending PEQ program isn’t going away. CBC News. https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/peq-program-immigration-permanent-residency-9.7054127

Sondage Léger. (2025, décembre). Intentions de vote au Québec – Janvier 2026. https://leger360.com/wp-content/uploads/2026/01/Rapport-Intentions-de-vote-29-janvier-2026.pdf

TVA Nouvelles. (2026, 14 janvier). François Legault : du premier ministre «le plus populaire de l’histoire» à des intentions de vote historiquement basses. https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/14/francois-legault-du-premier-ministre-le-plus-populaire-de-lhistoire-a-des-intentions-de-vote-historiquement-basses

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