Ottawa, Canada – Face à une explosion des crimes financiers et des escroqueries en ligne, le gouvernement fédéral canadien s’apprête à lancer une nouvelle offensive. Ottawa a annoncé la création prochaine d’une Agence contre les crimes financiers, une initiative ambitieuse visant à renforcer la lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent qui coûtent des centaines de millions de dollars aux Canadiens chaque année [1]. Cette nouvelle entité, dont la création est prévue pour le printemps 2026, s’inscrit dans une Stratégie nationale antifraude plus large qui promet également des modifications législatives pour responsabiliser davantage les institutions financières.
Une réponse à une menace croissante
Les chiffres sont alarmants : selon le Centre antifraude du Canada (CAFC), les pertes attribuables à la fraude ont atteint 643 millions de dollars en 2024, marquant une hausse de près de 300 % depuis 2020. Le CAFC estime que ces chiffres ne représentent qu’une fraction du problème, car seulement 5 à 10 % des victimes signalent les fraudes [1, 2]. Cette recrudescence est alimentée par la sophistication croissante des cybercriminels et l’utilisation de plateformes numériques pour orchestrer des escroqueries complexes, ciblant particulièrement les aînés et les nouveaux arrivants [1].
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a souligné la nécessité d’une action concertée : « Ce sera l’agence principale du Canada pour appliquer la loi et combattre les crimes financiers, incluant la fraude financière et le blanchiment d’argent et récupérer les sommes illicites » [1]. L’objectif est de s’attaquer aux réseaux criminels organisés, comme ceux impliqués dans les fraudes de type « grands-parents », qui ont récemment fait les manchettes [1].
Structure et inspiration internationales
La future Agence contre les crimes financiers s’inspirera de modèles internationaux éprouvés, notamment le National Economic Crime Centre (NECC) du Royaume-Uni [1]. Le NECC, créé en 2018, est un centre multi-agences qui rassemble les forces de l’ordre, les régulateurs, les départements gouvernementaux et le secteur privé pour optimiser la réponse aux crimes économiques [3]. Sa mission est de « réduire la fraude, mettre fin à l’ère du Royaume-Uni comme refuge sûr pour les finances illicites et récupérer toujours plus de produits du crime » [3].
Le modèle du NECC repose sur trois piliers : comprendre la menace en analysant les données et les tendances émergentes ; diriger des interventions à fort impact pour poursuivre les criminels, prévenir la victimisation et protéger les institutions ; et améliorer les capacités et la collaboration entre les différents acteurs [3]. L’agence canadienne devrait adopter une approche similaire, en attirant des « gens spécialisés » pour faire face à la complexité de la criminalité financière au 21e siècle [1].
Une stratégie nationale antifraude à multiples facettes
Au-delà de la création de l’agence, la Stratégie nationale antifraude comprendra des modifications législatives à la Loi sur les banques. Celles-ci exigeront des institutions financières qu’elles mettent en place des politiques et des procédures pour détecter et prévenir la fraude ciblant les consommateurs. Les banques devront notamment obtenir le consentement exprès des titulaires de comptes avant d’activer certaines fonctions de transfert et de paiement, et permettre aux clients de modifier leurs limites de transaction [2].
De plus, un Code de conduite volontaire pour la prévention de l’exploitation financière sera élaboré en collaboration avec les banques et les parties prenantes. Ce code visera à aider les banques à mieux repérer, prévenir et réagir à l’exploitation financière, qui est souvent une forme méconnue de violence fondée sur le genre ou de préjudice financier affectant particulièrement les personnes âgées et les populations vulnérables [2].
Les défis à venir
La mise en place de cette nouvelle agence et de la stratégie antifraude ne sera pas sans défis. Le ministre Champagne a dû défendre cette initiative contre les accusations de « créer une nouvelle couche de bureaucratie », soulignant que l’expertise spécialisée est essentielle pour lutter contre les crimes financiers sophistiqués [1]. Le succès de cette agence dépendra de sa capacité à coordonner efficacement les efforts des différentes entités existantes, telles que le Centre antifraude du Canada et le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), tout en développant de nouvelles capacités d’enquête et de récupération des avoirs illicites.
En fin de compte, l’efficacité de cette nouvelle agence et de la stratégie nationale antifraude sera mesurée par sa capacité à réduire significativement les pertes financières subies par les Canadiens et à restaurer la confiance du public dans la sécurité du système financier. Le combat contre la fraude est complexe et évolutif, mais Ottawa semble désormais prêt à y consacrer des ressources et une structure dédiées à la hauteur de l’enjeu.
Sources
[1] La Presse. (2025, 20 octobre). Ottawa créera une nouvelle agence pour lutter contre la fraude. https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-20/ottawa-creera-une-nouvelle-agence-pour-lutter-contre-la-fraude.php
[2] Gouvernement du Canada. (2025, 20 octobre). Lutter contre la fraude financière et protéger la population canadienne contre les escroqueries et l’exploitation financière. https://www.canada.ca/fr/ministere-finances/nouvelles/2025/10/lutter-contre-la-fraude-financiere-et-proteger-la-population-canadienne-contre-les-escroqueries-et-lexploitation-financiere.html
[3] National Crime Agency. (s.d.). National Economic Crime Centre. Consulté le 20 octobre 2025, de https://www.nationalcrimeagency.gov.uk/what-we-do/national-economic-crime-centre
Note sur ce contenu : Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle expérimentale spécialisée, puis révisé par un membre de notre équipe. Bien que nous visions la plus grande précision, des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance est précieuse : si quelque chose vous semble incorrect, merci de nous le signaler.