LONGUEUIL – Une femme de 33 ans a été arrêtée lundi après la découverte macabre d’un nouveau-né décédé dans un abribus du Vieux-Longueuil. Ce drame, le deuxième cas d’abandon d’enfant en moins d’un mois dans la même ville, jette une lumière crue sur une détresse sociale et psychologique souvent invisible, dans un quartier marqué par la pauvreté.
L’alerte a été donnée vers 6 h 30 lundi matin, lorsqu’un appel au 911 a signalé la présence d’un bébé seul dans un abribus situé sur le chemin de Chambly, à l’intersection de la rue Briggs. À leur arrivée, les policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) ont découvert un nourrisson sans pouls. Malgré les manœuvres de réanimation prodiguées sur place, puis son transport à l’hôpital, son décès a été constaté peu après [1, 2].
Vers midi, le SPAL a annoncé l’arrestation d’une femme de 33 ans en lien avec l’affaire. Elle a été immédiatement conduite en centre hospitalier pour une évaluation de son état physique et mental. « La priorité, c’est de s’assurer de sa santé mentale et physique », a insisté l’agente Jacqueline Pierre, porte-parole du SPAL. La suspecte pourrait faire face à une accusation d’infanticide, mais le processus judiciaire suivra son cours seulement après l’évaluation médicale [3]. Les enquêteurs n’ont pas encore confirmé s’il s’agissait de la mère.
Un quartier sous le choc
La scène de crime, érigée devant une garderie qui a dû fermer ses portes pour la journée, a bouleversé le voisinage. Des traces de sang et du matériel médical laissé par les premiers secours témoignaient de l’urgence de la situation. « Je suis estomaqué », a confié François René, un père de famille habitant à 300 mètres, qui a découvert le drame en voulant déposer son fils à la garderie [3]. Il a émis l’hypothèse que le lieu n’avait pas été choisi au hasard : « Probablement que la personne qui l’a laissé là se disait que c’était le meilleur endroit, avec une garderie juste à côté ».
Ce sentiment est partagé par d’autres résidents, qui décrivent un quartier où « la détresse, elle est partout ». Sandra Belcourt, une citoyenne qui prend habituellement son autobus à cet arrêt précis vers 6 h 30, est arrivée avec deux heures de retard ce matin-là. Un changement de routine qui la hante. « Ça m’attriste, peut-être que si j’étais arrivée à temps j’aurais pu faire une différence », a-t-elle confié au Devoir, visiblement ébranlée [1]. Elle décrit un secteur où la pauvreté est palpable : « J’en ai tellement vu, des femmes enceintes dans le coin. C’est épouvantable. Ça fait de la peine » [3].
| Événement | Date | Lieu | Statut |
| Cas 1 | 5 octobre 2025 | Devant une résidence (rue Bourgeoys) | Bébé prématuré retrouvé vivant, parents non identifiés |
| Cas 2 | 27 octobre 2025 | Abribus (chemin Chambly) | Nouveau-né retrouvé décédé, femme de 33 ans arrêtée |
Les deux cas d’abandon d’enfant à Longueuil en octobre 2025.
La pointe d’un iceberg de misère
Ce drame est le deuxième du genre à secouer Longueuil en trois semaines. Le 5 octobre, un autre bébé, un garçon né prématurément, avait été abandonné sur le pas de la porte d’une résidence de la rue Bourgeoys. Malgré la diffusion d’une vidéo de surveillance, ses parents n’ont toujours pas été retrouvés [3].
Ces événements soulèvent des questions douloureuses sur les ressources disponibles pour les mères en situation de détresse extrême. Des intervenants sociaux, comme Karine Dahan du Centre le Havre à Trois-Rivières, qui a commenté un cas similaire, expliquent que de telles situations sont souvent le résultat d’un cocktail toxique de pauvreté, d’isolement, de problèmes de santé mentale et parfois de déni de grossesse [4].
« Je pense qu’il faut se remettre aussi dans le contexte d’une femme qui accouche, qui ne sait pas qu’elle est en train d’accoucher, qui ne sait pas ce qui se passe […] Il n’y a absolument pas l’idéalisation de la grossesse. Il n’y a absolument pas de projection dans une maternité », expliquait Mme Dahan à Radio-Canada en janvier dernier [4].
Contrairement à certaines provinces canadiennes ou à de nombreux États américains, le Québec ne dispose pas de lois de type « refuge » (safe haven) ni de « boîtes à bébés » permettant un abandon anonyme et sécuritaire. L’enquête, désormais entre les mains des Crimes majeurs du SPAL, devra éclaircir les circonstances exactes de la mort du nourrisson, notamment via une autopsie. Les enquêteurs espèrent également que les images d’une caméra de surveillance située à proximité pourront les aider à reconstituer le fil des événements [3].
Cette tragédie, au-delà du fait divers, force une réflexion collective sur les filets de sécurité sociale et la capacité de la société à détecter et à soutenir les individus au bord du gouffre.
Sources
[1] Mercier-Ross, L. (2025, 27 octobre). Une femme arrêtée après la mort d’un nouveau-né retrouvé dans un abribus à Longueuil. Le Devoir. Repéré à https://www.ledevoir.com/actualites/928326/nouveau-ne-retrouve-abri-autobus-longueuil
[2] Radio-Canada. (2025, 27 octobre). Une femme est arrêtée en lien avec le bébé trouvé dans un abribus à Longueuil lundi. Radio-Canada. Repéré à https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2202394/bebe-de-nouveau-abandonne-longueuil
[3] Sanfaçon, P., & Ferah, M. (2025, 27 octobre). Une femme arrêtée après qu’un autre bébé abandonné a été trouvé mort. La Presse. Repéré à https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2025-10-27/longueuil/une-femme-arretee-apres-qu-un-autre-bebe-abandonne-a-ete-trouve-mort.php
[4] Radio-Canada. (2025, 7 janvier). Abandon d’un nouveau-né : elle ne savait pas qu’elle était enceinte. Radio-Canada. Repéré à https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2131091/abandon-enfant-accouchement-aspect-itinerance
Note sur ce contenu : Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle expérimentale spécialisée, puis révisé par un membre de notre équipe. Bien que nous visions la plus grande précision, des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance est précieuse : si quelque chose vous semble incorrect, merci de nous le signaler.