La scène, d’une absurdité tragique, devrait être projetée en boucle dans toutes les facultés de droit du Québec. D’un côté, un banc des accusés vide, occupé par le fantôme d’un homme d’affaires en cavale qui nargue la justice depuis dix jours. De l’autre, la victime, un avocat devenu juge, qui quitte la salle d’audience en furie, sa conjointe en larmes, avant même la fin du prononcé. Et au centre, un juge qui, tout en reconnaissant la gravité d’une attaque armée contre l’intégrité du système judiciaire, condamne le commanditaire de ce crime odieux à une peine de cinq ans de prison. Cinq ans. Moins que les hommes de main qu’il a payés pour faire le sale boulot.
Que nous dit cette scène sur notre système de justice ? Elle nous hurle son impuissance. Elle nous crie son manque de courage. Elle nous expose, avec une clarté effrayante, une justice qui non seulement ne parvient pas à se protéger elle-même, mais qui, par sa clémence, se tire une balle dans le pied et envoie un message désastreux à tous les criminels qui la méprisent.
Une sentence qui insulte la victime et la logique
Avant toute chose, cette sentence est une insulte à la victime. Me Nicholas Daudelin, pour avoir simplement fait son travail d’avocat dans un litige civil, a été attaqué chez lui, devant sa famille. Il a reçu une balle dans la jambe. Depuis cinq ans, il vit sous protection policière. Son quotidien, sa carrière, sa vie de famille ont été irrémédiablement marqués par ce traumatisme. Et que lui offre le système en retour ? Une peine qui, pour le cerveau de l’opération, est à peine plus sévère qu’un vol qualifié.
L’absurdité atteint son paroxysme quand on compare cette peine à celle des exécutants. Les deux hommes de main, qui ont appuyé sur la gâchette, ont écopé de 9 et 10 ans de prison. C’est juste. Mais comment peut-on, logiquement et moralement, condamner le commanditaire, l’instigateur, celui sans qui rien ne serait arrivé, à une peine presque deux fois moins lourde ? C’est un non-sens juridique qui défie toute logique de proportionnalité. C’est dire que le cerveau d’un crime est moins coupable que ses instruments. C’est une gifle monumentale à la victime, qui voit son agresseur s’en tirer à bien meilleur compte que ses sbires.
Le message désastreux aux délinquants
Au-delà de l’insulte à la victime, cette sentence envoie un message catastrophique à tous les Jean-François Malo du Québec. Et Dieu sait qu’il y en a. Des individus vindicatifs, narcissiques, qui se croient au-dessus des lois et qui n’hésitent pas à utiliser la violence pour régler leurs comptes. Le profil de Malo, tel que révélé dans le rapport présentenciel, est celui d’un récidiviste en puissance : impulsif, sans remords, ayant déjà envisagé d’agresser un huissier, et utilisant les tribunaux à des fins vindicatives en poursuivant sa propre victime en diffamation.
Quel message un tel individu reçoit-il aujourd’hui ? Que l’on peut commander une attaque armée contre un avocat, se jouer du système judiciaire pendant des années avec des tactiques dilatoires, défier les juges en s’enfuyant avant sa sentence, et s’en tirer avec une peine clémente qui, avec les libérations conditionnelles, pourrait se réduire à une peau de chagrin. Le message est clair : l’intimidation paie. La violence est une option viable. Le système est faible et peut être manipulé.
Cette sentence n’est pas seulement une décision dans un cas isolé ; c’est une invitation ouverte à tous ceux qui voudraient s’en prendre aux acteurs du système judiciaire. Elle affaiblit la dissuasion et augmente le risque pour tous les avocats, juges, procureurs et huissiers qui, chaque jour, doivent faire face à des individus potentiellement dangereux.
La justice qui ne se protège pas est une justice condamnée
Le plus grand scandale de cette affaire est peut-être là : l’incapacité du système judiciaire à se protéger lui-même. Le juge Noël a pourtant bien identifié l’enjeu en déclarant que Malo avait « attaqué l’intégrité du système judiciaire ». Mais après avoir posé ce diagnostic lucide, il a prescrit un remède de cheval. C’est une contradiction flagrante et incompréhensible. Si attaquer un officier de justice est une attaque contre le système tout entier, alors la réponse doit être à la hauteur de cette attaque. Elle doit être exemplaire, dissuasive, et sans équivoque.
En s’en tenant à une fourchette de peine habituelle pour des voies de fait graves, le juge a traité ce crime comme un crime ordinaire. Mais ce n’était pas un crime ordinaire. C’était un défi direct à l’État de droit. C’était une tentative de faire taire la justice par la violence. En refusant de prononcer une peine exemplaire, le système judiciaire a montré une vulnérabilité inquiétante. Il a échoué à tracer une ligne rouge claire et infranchissable. Si nous ne protégeons pas ceux qui sont en première ligne pour défendre nos lois, qui voudra encore faire ce métier ? Comment peut-on espérer que la « fonction judiciaire se fasse sans crainte », comme le dit le juge, si les peines pour ceux qui sèment la terreur sont si dérisoires ?
Il est temps de réformer
L’affaire Malo est le symptôme d’un mal plus profond. Elle expose les multiples défaillances d’un système qui se laisse jouer comme un violon par des individus sans scrupules. Un système qui permet des années de tactiques dilatoires. Un système qui accorde une remise en liberté à un individu à haut risque, et qui considère même le respect (temporaire) de ses conditions comme un facteur atténuant. Un système qui semble impuissant face à un accusé qui le méprise ouvertement.
Il est temps d’arrêter de se mettre la tête dans le sable. Il faut une réforme. Les crimes contre les acteurs du système judiciaire ne devraient pas être traités comme les autres. Ils devraient faire l’objet de peines planchers beaucoup plus sévères, qui sortent des fourchettes habituelles. Il faut une aggravation automatique et significative de la peine lorsque la victime est un avocat, un juge, un procureur, un huissier ou tout autre officier de justice agissant dans l’exercice de ses fonctions. Attaquer l’un d’eux, c’est attaquer les fondements de notre démocratie, et la peine doit refléter cette gravité.
L’appel, un dernier espoir pour la crédibilité de la justice
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a eu raison d’annoncer, avec une rapidité louable, son intention de porter la peine en appel. C’est le seul geste qui pouvait, à ce stade, sauver un minimum de crédibilité. Mais cet appel, qui prendra encore des mois, voire des années, ne doit pas nous faire oublier la question de fond. Pendant ce temps, Jean-François Malo est quelque part dans la nature, probablement en train de rire de ce système qu’il a si habilement manipulé.
Cette affaire doit servir d’électrochoc. Elle doit nous forcer à nous demander quel genre de justice nous voulons. Une justice timorée, qui a peur de son ombre et qui traite avec des gants blancs ceux qui la défient ? Ou une justice forte, courageuse, qui protège les siens et qui envoie un message clair que personne n’est au-dessus des lois ? L’appel du DPCP est un premier pas. Mais il en faudra beaucoup d’autres pour réparer les dommages causés par cette sentence désastreuse. Combien de Jean-François Malo faudra-t-il avant que nous comprenions enfin ?
Sources
Radio-Canada. (2025, 24 octobre). Le DPCP portera en appel la peine infligée à Jean-François Malo. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2201990/dpcp-appel-peine-jean-francois-malo
Santerre, D. (2025, 24 octobre). Sentence de cinq ans décevante: le DPCP entend porter la peine de Malo en appel. Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2025/10/24/sentence-de-cinq-ans-decevante-le-dpcp-entend-porter-la-peine-de-malo-en-appel
Trudel, L. (2025, 22 octobre). Recherché par la police | Jean-François Malo a déjà admis vouloir agresser un huissier. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2025-10-22/recherche-par-la-police/jean-francois-malo-a-deja-admis-vouloir-agresser-un-huissier.php
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