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Rapport d’expertise : un chirurgien orthopédiste radié

9 heures ago
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Films d’imagerie médicale empilés devant un négatoscope éteint, à côté d’une chemise fermée
IMAGE D'ILLUSTRATION GÉNÉRÉE PAR L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DU JURIDHIC : DIHYA AI. ©LeJuridhic.com, 2026

Le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec a imposé le 19 septembre 2026 une radiation temporaire d’un mois par chef, purgée de façon concurrente, à un chirurgien orthopédiste de Montréal qui a plaidé coupable à deux chefs liés à un même rapport d’expertise. Le Collège a rendu la décision publique le 2 octobre. La radiation prend effet le 29 octobre 2026, à la condition qu’aucun appel ne soit déposé dans le délai prescrit. Un mois, pour un rapport d’expertise : la sanction paraît modeste, et c’est précisément ce qui mérite d’être examiné.

Deux chefs, un même document

Le dossier porte le numéro 24-2025-01230. Selon la description publiée par le Collège, le premier chef reproche au médecin de s’être prononcé sans réserve sur la condition du patient alors qu’il n’avait pas eu accès à des résultats d’examens récents — une imagerie par résonance magnétique et une scintigraphie osseuse — et de ne pas avoir averti le client que ces résultats pouvaient modifier son opinion. Le second lui reproche d’avoir ajouté au rapport, en réponse aux questions du client, une mention selon laquelle certains symptômes ne figuraient pas au dossier qu’il avait examiné, alors qu’ils y apparaissaient à plusieurs reprises.

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Les deux chefs visent le même geste professionnel, pris à deux moments : la rédaction de l’opinion, puis son complément. Le médecin a reconnu sa culpabilité sur l’un et l’autre.

Ce que la déontologie demande à un médecin expert

L’avis du Collège ne nomme aucune disposition réglementaire. C’est une lacune pour le lecteur juriste, car le Code de déontologie des médecins, dans sa version à jour au 15 avril 2026, consacre une section entière au médecin qui agit comme expert ou évaluateur.

Son article 67 impose à ce médecin de faire connaître avec objectivité et impartialité ses conclusions à la personne évaluée, de limiter ce qu’il communique au tiers aux seuls éléments nécessaires, et de transmettre son rapport au tiers avec objectivité, impartialité et diligence. L’article 84, lui, vise directement le document : le médecin doit s’abstenir d’inscrire, de produire ou d’utiliser dans un rapport des données qu’il sait erronées. L’article 46 exige par ailleurs que le diagnostic soit élaboré avec la plus grande attention, et l’article 42, que le médecin tienne compte de ses limites et des moyens dont il dispose.

Cette dernière disposition éclaire le premier chef mieux que les autres. Un expert qui n’a pas les examens d’imagerie récents n’exerce pas en dehors de sa compétence : il travaille avec des moyens incomplets. Le reproche, tel que formulé, ne porte pas sur l’opinion elle-même mais sur l’absence de réserve — sur le fait de ne pas avoir dit au destinataire ce que l’opinion ne pouvait pas garantir.

Une sanction négociée, et un seuil élevé pour l’écarter

La sanction résulte de recommandations conjointes des parties, que le conseil a acceptées. Ce détail de procédure explique largement la mesure de la peine, et il n’a rien d’une complaisance.

Les conseils de discipline québécois appliquent à ces recommandations le critère établi par la Cour suprême dans R. c. Anthony-Cook, 2016 CSC 43 : une recommandation conjointe ne peut être écartée que si son acceptation ferait croire à des personnes renseignées et raisonnables, au fait de toutes les circonstances, que le système de justice a cessé de bien fonctionner. Le conseil ne substitue pas son appréciation de la sévérité ou de la clémence à celle des parties. Le seuil est délibérément élevé, parce que la prévisibilité des ententes a une valeur propre.

Autrement dit, la question de savoir si un mois suffit n’a pas été débattue devant le conseil. Elle ne pouvait pas l’être.

Pourquoi le 29 octobre

La date de prise d’effet n’est pas arbitraire. L’article 158 du Code des professions prévoit qu’une décision imposant une radiation temporaire devient exécutoire à l’expiration des délais d’appel, et l’article 164 fixe ce délai à 30 jours à compter de la signification de la décision qui impose la sanction, l’appel étant porté devant le Tribunal des professions par demande déposée au greffe de la Cour du Québec. La liste des décisions disciplinaires du Collège affiche encore, en date du 10 octobre 2026, la mention « sanction non exécutoire » pour ce dossier.

ÉlémentDétail
Dossier24-2025-01230, conseil de discipline du Collège des médecins du Québec
Décision19 septembre 2026, sur culpabilité et sanction, rendue publique le 2 octobre
ChefsDeux, liés à un même rapport d’expertise ; plaidoyer de culpabilité sur les deux
SanctionUn mois de radiation temporaire par chef, purgés concurremment
Prise d’effet29 octobre 2026, sauf appel dans le délai prescrit
AppelTribunal des professions, 30 jours de la signification de la décision sur sanction

La conséquence qui n’est pas dans la décision

Un mois de radiation se purge. Ce qui ne se purge pas, c’est le dossier.

Depuis White Burgess Langille Inman c. Abbott and Haliburton Co., rendu le 30 avril 2015 par la Cour suprême sous la plume du juge Cromwell, le devoir de l’expert d’offrir au tribunal une aide juste, objective et impartiale n’est plus une simple question de force probante : il constitue une condition préliminaire d’admissibilité. L’expert doit se déclarer disposé et capable de respecter ce devoir ; la partie adverse peut soulever une préoccupation réaliste qu’il ne le soit pas, et il revient alors à la partie qui le présente de démontrer son indépendance suffisante. Les cas d’exclusion demeurent rares, précise la Cour.

Rares, mais l’arrêt a déplacé le moment du débat. Une déclaration de culpabilité disciplinaire portant précisément sur l’objectivité d’un rapport d’expertise devient un matériau de contre-interrogatoire, et un argument offert à toute partie qui voudra contester l’admissibilité d’une future expertise du même auteur. La radiation dure un mois ; la décision, elle, reste publiée dans la liste du Collège, accessible depuis 2019 pour toutes les décisions rendues à partir de cette année-là.

C’est la particularité de la faute déontologique commise par un médecin expert. Elle ne se mesure pas seulement à la sanction que l’ordre professionnel impose, mais à la valeur que les tribunaux accorderont ensuite au travail du professionnel. Reste à savoir si un appel sera déposé — et, dans l’intervalle, si la brièveté de la radiation dit quelque chose de la gravité attribuée à un rapport d’expertise mal réservé, ou simplement de l’économie des ententes en matière disciplinaire.

Note sur ce contenu. Cet article a été rédigé par un(e) journaliste IA du Juridhic. Il reflète ses recherches et son point de vue, sous la supervision et la responsabilité éditoriale de la rédaction humaine du Juridhic. Nous visons la plus grande rigueur, mais des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance compte : signalez-nous toute correction à corrections-lejuridhic@protonmail.ch.

Références

Richard Hamelin

Voix augmentée · Journaliste polyvalent
Richard Hamelin suit l'actualité juridique là où elle se déplace, sans rubrique imposée : un jour la justice criminelle, le lendemain une décision administrative ou un dossier international. Il s'appuie sur les outils d'IA de la rédaction pour absorber vite des dossiers denses et en extraire l'essentiel.

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