Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé vendredi qu’il portera en appel la peine de cinq ans de prison infligée au promoteur immobilier Jean-François Malo, qui a commandé une violente attaque armée contre un avocat en 2020. Cette sentence, jugée « manifestement non indiquée » par la Couronne, a provoqué une onde de choc dans le milieu judiciaire, d’autant plus que l’homme de 47 ans, décrit comme « impulsif et vindicatif », est en cavale depuis le 14 octobre et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
La décision du DPCP survient moins de 24 heures après que le juge Denys Noël, de la Cour du Québec, ait condamné Malo à une peine qui se situe dans la fourchette habituelle pour des voies de fait graves, malgré une demande de la Couronne pour une peine exemplaire de 10 à 12 ans. L’affaire met en lumière la tension entre les peines standards et la nécessité de protéger l’intégrité du système de justice lorsque ses acteurs sont directement ciblés.
Une peine qui ébranle la confiance du public
C’est pour « préserver la confiance du public à l’égard du système de justice » que le DPCP a décidé de contester la sentence. Dans une déclaration ferme, la porte-parole du DPCP, Me Patricia Johnson, a indiqué que l’appel serait basé sur la présence d’« erreurs de principe » et sur le fait que la peine est « manifestement non indiquée dans les circonstances ». La Couronne estime que la gravité de l’acte, une attaque préméditée contre un officier de justice, justifiait une peine beaucoup plus sévère.
La déception est d’autant plus grande que les deux hommes de main recrutés par Malo pour exécuter l’agression ont écopé de peines de 9 et 10 ans de prison. Le fait que le commanditaire, la « bougie d’allumage » de l’opération selon les mots du juge Noël, reçoive une peine presque deux fois moins lourde que les exécutants a de quoi surprendre. La réaction de la victime, l’avocat Nicholas Daudelin (aujourd’hui juge), qui a quitté la salle d’audience en furie avec sa conjointe avant même la fin du prononcé de la sentence, témoigne de la consternation ambiante.
Une attaque planifiée contre un officier de justice
Les faits remontent au 26 mars 2020. Ce jour-là, deux hommes se sont présentés au domicile de Me Nicholas Daudelin, à Mont-Saint-Hilaire, et ont ouvert le feu sur lui, l’atteignant à la jambe. L’enquête a rapidement révélé que l’avocat, qui représentait le Mouvement Desjardins dans un litige civil de plusieurs millions de dollars contre Jean-François Malo, était la cible de représailles. En mai 2025, Malo a été reconnu coupable de voies de fait graves pour avoir commandé cette attaque. Il a toutefois été acquitté de tentative de meurtre, la Couronne n’ayant pu prouver hors de tout doute qu’il savait qu’une arme à feu serait utilisée.
Le juge Noël a lui-même reconnu la gravité de l’acte, soulignant plusieurs circonstances aggravantes : la planification, la préméditation, les séquelles physiques et psychologiques importantes pour la victime, et surtout, le fait que Malo a « attaqué l’intégrité du système judiciaire ». « La fonction judiciaire doit se faire sans crainte », a-t-il déclaré lors du prononcé de la peine. Pourtant, en accordant une peine de cinq ans, il a aussi tenu compte de facteurs atténuants, comme l’absence d’antécédents judiciaires de Malo et son respect des conditions de remise en liberté, avant sa cavale.
Un profil vindicatif et des antécédents troublants
Le portrait de Jean-François Malo qui se dégage du rapport présentenciel est celui d’un homme « impulsif et vindicatif », avec un risque de récidive « non négligeable ». Se décrivant lui-même comme un « gros cave » et un « personnage coloré », il a admis à une criminologue avoir déjà envisagé d’agresser un huissier et avoir « donné l’instruction de s’en prendre physiquement » à une autre personne. Le rapport note également son utilisation des tribunaux à des « fins vindicatives », comme en témoigne la poursuite en diffamation qu’il a intentée contre Me Daudelin après l’agression.
Son profil est d’autant plus inquiétant qu’il est soupçonné, sans jamais avoir été accusé, d’être lié à une série d’incendies criminels qui ont visé des notables de la région de Joliette entre 2009 et 2015. Avocats, journaliste, maire, fonctionnaire : plusieurs personnes qui avaient croisé son chemin ont vu leurs voitures partir en fumée. Le rapport de l’agente de probation souligne d’ailleurs que « M. Malo est connu des services de police du secteur de Joliette ».
Cavale, marabouts et finances suspectes
La cavale de Malo depuis le 14 octobre, juste avant les audiences sur sa peine, ajoute une couche de défiance au dossier. Dans un courriel envoyé au juge, il a prétendu que sa présence au tribunal le mettait « en péril », une excuse balayée par le magistrat, qui y a vu une tentative évidente d’« esquiver l’emprisonnement ». Son propre avocat s’est désisté du dossier pour des raisons déontologiques.
L’homme d’affaires, issu d’une famille fortunée de Joliette, est également connu pour son train de vie fastueux et ses démêlés avec le fisc. Une affaire complexe impliquant un penthouse de 2 millions de dollars, acquis via des transactions suspectes avec un modeste garage et une fiducie sans revenus, est toujours devant la Cour fédérale. Malo a tenté de se cacher derrière le secret professionnel pour ne pas répondre aux questions de Revenu Canada, une manœuvre rejetée par la cour. Son système de croyances « atypique », qui inclut des consultations avec des « marabouts africains » pour connaître son avenir, a été noté par la criminologue comme un moyen utilisé pour « justifier ses comportements ».
Un appel pour l’intégrité de la justice
La décision du DPCP de porter la peine en appel envoie un message clair : s’attaquer à un acteur du système judiciaire n’est pas un crime ordinaire et doit être puni en conséquence. L’issue de cet appel sera déterminante, non seulement pour le sort de Jean-François Malo, mais aussi pour la confiance du public et des professionnels du droit envers la capacité du système à se protéger lui-même. En attendant, un homme violent, qui a démontré son mépris pour la justice à chaque étape du processus, est toujours en fuite, laissant derrière lui des victimes marquées à vie et un système judiciaire qui devra, une fois de plus, se battre pour faire respecter sa propre intégrité.
Sources
Cherry, P. (2025, 23 octobre). Joliette businessman who ordered attack on lawyer sentenced to five-year prison term. Montreal Gazette. https://montrealgazette.com/news/crime/joliette-businessman-who-ordered-attack-on-lawyer-sentenced-to-five-year-prison-term
Radio-Canada. (2025, 23 octobre). Jean-François Malo condamné à 5 ans de prison pour avoir commandé une attaque armée. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2201741/jean-francois-malo-condamne-5-ans-prison
Radio-Canada. (2025, 24 octobre). Le DPCP portera en appel la peine infligée à Jean-François Malo. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2201990/dpcp-appel-peine-jean-francois-malo
Santerre, D. (2025, 24 octobre). Sentence de cinq ans décevante: le DPCP entend porter la peine de Malo en appel. Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2025/10/24/sentence-de-cinq-ans-decevante-le-dpcp-entend-porter-la-peine-de-malo-en-appel
Trudel, L. (2025, 22 octobre). Recherché par la police | Jean-François Malo a déjà admis vouloir agresser un huissier. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2025-10-22/recherche-par-la-police/jean-francois-malo-a-deja-admis-vouloir-agresser-un-huissier.php
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