Une préposée aux bénéficiaires de Lanaudière a plaidé coupable à une accusation de fraude de plus de 5 000 $ après avoir soutiré entre 40 000 $ et 50 000 $ à une femme âgée, malade et isolée, qui lui faisait entièrement confiance. L’affaire, entendue au palais de justice de Laval, met en lumière une forme particulièrement troublante d’exploitation : celle qui s’installe dans une relation de soin.
Au-delà du dossier criminel, cette cause rappelle que la maltraitance financière envers les aînés et les personnes majeures en situation de vulnérabilité ne provient pas toujours d’étrangers ou d’escroqueries à distance. Elle peut aussi émerger dans un cadre de proximité, là où la dépendance, l’isolement et la confiance se croisent.
Selon les faits rapportés par La Presse, Marie-Krystel Morin, 40 ans, a reconnu avoir fraudé pendant environ un an et demi une patiente de 72 ans dont l’identité n’est pas révélée en raison de sa grande vulnérabilité. La victime résidait en 2022 à la résidence Paul-Raymond, à Rawdon, un établissement qui avait alors un contrat d’hébergement et de désengorgement avec le CISSS de Lanaudière.
La victime, en mauvaise santé et socialement isolée, sortait peu et recevait peu de visites. Dans ce contexte, elle s’est liée à la préposée, qu’elle considérait comme une amie. Lors de son témoignage à l’enquête préliminaire, elle a résumé en quelques mots le mécanisme central de cette fraude : « Marie-Krystel, je lui faisais tellement confiance… »
Cette confiance a pris une dimension concrète lorsque la patiente, incapable d’utiliser seule son téléphone pour accéder à son compte bancaire, a remis ses accès à l’employée. Selon le récit rapporté au tribunal, ce lien a ensuite servi de porte d’entrée à des prélèvements répétés et à des demandes d’argent qui n’ont jamais été remboursées. Dans un épisode évoqué à la cour, la victime aurait demandé l’achat d’une télécommande de 50 $, mais 2 000 $ auraient plutôt été retirés.
Une relation d’aide détournée à des fins personnelles
Ce qui distingue cette affaire de nombreuses autres fraudes est la nature de la relation entre l’accusée et la victime. Il ne s’agit pas simplement d’une tromperie financière, mais d’un détournement d’une relation d’assistance. La proximité quotidienne propre au travail de préposée aux bénéficiaires a ici servi, selon la preuve admise, à instaurer un lien affectif et une dépendance psychologique favorisant l’exploitation.
La victime a d’ailleurs expliqué qu’elle continuait de percevoir l’accusée comme une amie, même après son déménagement dans un CHSLD de Terrebonne en 2023. Selon La Presse, la fraude se serait poursuivie à cette étape également.
Cette dynamique correspond à ce que plusieurs organismes publics décrivent comme de la maltraitance matérielle ou financière. Le gouvernement du Québec inclut explicitement ce type d’exploitation dans sa définition de la maltraitance envers les personnes aînées et les personnes majeures en situation de vulnérabilité. Québec rappelle aussi que ces situations peuvent prendre appui sur la confiance, la dépendance ou l’isolement social.
| Élément | Fait rapporté | Portée |
| Victime | Femme de 72 ans, malade et isolée | Vulnérabilité accrue |
| Accusée | Préposée aux bénéficiaires, 40 ans | Position de proximité et de confiance |
| Montant | Entre 40 000 $ et 50 000 $ | Fraude importante et répétée |
| Durée | Environ un an et demi | Exploitation prolongée |
| Mécanisme | Accès bancaire confié, demandes d’argent, retraits | Abus de confiance dans un cadre de soin |
| État du dossier | Plaidoyer de culpabilité, peine à déterminer | Étape décisive du processus judiciaire |
Tableau 1. Résumé des faits principaux rapportés dans le dossier de fraude.
Une peine à venir, mais déjà un signal judiciaire
L’accusée a plaidé coupable à une accusation de fraude de plus de 5 000 $. Le montant total reconnu par les parties se situerait entre 40 000 $ et 50 000 $, selon les faits exposés par le procureur de la Couronne. La Couronne et la défense s’entendent sur le principe d’une peine d’emprisonnement à domicile, mais la durée reste à déterminer.
Le tribunal a ordonné la préparation d’un rapport présentenciel afin de mieux cerner le profil de la délinquante, notamment sa capacité réelle de remboursement au regard de ses obligations financières. Les observations sur la peine doivent avoir lieu dans plusieurs mois.
L’ancien employeur de l’accusée a affirmé à La Presse qu’elle avait été congédiée dès que l’établissement avait appris les gestes reprochés. L’entreprise a aussi rappelé que son code d’éthique interdit aux employés de recevoir des cadeaux ou avantages de la part des résidents.
Un problème plus large que ce seul dossier
Cette affaire judiciaire s’inscrit dans une problématique bien documentée. Le gouvernement fédéral souligne que l’exploitation financière constitue l’une des formes les plus répandues de mauvais traitements envers les personnes âgées au Canada. De son côté, Justice Canada rappelle que les crimes financiers visant les aînés prennent souvent appui sur une relation de confiance, et non seulement sur des fraudeurs inconnus.
Au Québec, plusieurs mécanismes existent pour signaler ou encadrer ces situations. La Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité encadre l’intervention dans les milieux de soins et d’hébergement. Le gouvernement du Québec, la Ligne Aide Maltraitance Adultes Aînés, le Protecteur du citoyen et le Curateur public rappellent tous que la maltraitance financière peut survenir lorsqu’une personne profite de la fragilité d’une autre pour obtenir de l’argent, des biens ou un accès à ses ressources.
L’Autorité des marchés financiers souligne aussi que les aînés vulnérables peuvent devenir des cibles privilégiées de fraude, en particulier lorsqu’ils sont isolés, dépendants ou peu outillés pour surveiller eux-mêmes leurs opérations financières. Dans le cas présent, c’est précisément l’incapacité technique de la victime à gérer seule ses accès bancaires qui aurait facilité les abus.
La vulnérabilité n’efface pas la confiance, elle la rend plus risquée
Le dossier met en relief une tension centrale dans les milieux de soins : le lien humain est indispensable, mais il peut aussi être détourné lorsqu’il n’est pas suffisamment encadré. Une personne âgée ou malade doit souvent compter sur autrui pour ses besoins quotidiens, ses déplacements, ses communications ou ses achats. Cette dépendance n’est pas anormale ; elle fait partie de la réalité du vieillissement ou de la perte d’autonomie. Le problème commence lorsque cette dépendance devient un levier d’exploitation.
« Vous n’avez pas l’air de comprendre que je faisais entièrement confiance à Marie », a affirmé la victime durant son contre-interrogatoire, selon La Presse. Cette phrase résume à elle seule l’enjeu humain de l’affaire. Dans ce type de fraude, la confiance n’est pas un détail périphérique : elle est l’outil central du préjudice.
L’histoire rappelle enfin que la lutte contre la maltraitance financière ne repose pas uniquement sur la sanction pénale. Elle suppose aussi une vigilance institutionnelle, des mécanismes de signalement accessibles, une meilleure surveillance des situations d’isolement et une culture de protection dans les établissements de soins. Car lorsqu’une fraude s’enracine dans une relation de soin, c’est plus qu’un vol : c’est une rupture du cadre même censé protéger les personnes les plus fragiles.
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Références
- Agence QMI / source judiciaire non retenue; article de départ consulté :
- Corriveau, J. (2026, 6 avril). Une préposée aux bénéficiaires soutire plus de 40 000 $ à une patiente vulnérable. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2026-04-06/coupable-de-fraude/une-preposee-aux-beneficiaires-soutire-plus-de-40-000-a-une-patiente-vulnerable.php
- Gouvernement du Québec. (2026). Maltraitance envers personnes aînées et vulnérables. https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/violences/maltraitance-aines-personnes-vulnerables/a-propos-maltraitance-aines-personnes-vulnerables
- LégisQuébec. (s. d.). Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité (chapitre L-6.3). https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/l-6.3
- Justice Canada. (2021). Les crimes et les mauvais traitements envers les aînés : recherche documentaire. https://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/jp-cj/vf-fv/crim/p51.html
- Gouvernement du Canada. (2025). Ce que tous les Canadiens âgés devraient savoir au sujet de l’exploitation financière. https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/ministere/forum-federal-provincial-territorial-aines/exploitation-financiere.html
- Protecteur du citoyen. (2023, 15 juin). Abus financier envers un aîné : comment dénoncer. https://protecteurducitoyen.qc.ca/fr/conseils/capsules/abus-financier-aine-comment-denoncer
- Autorité des marchés financiers. (s. d.). Prévenir la fraude financière envers les aînés. https://lautorite.qc.ca/grand-public/prevention-de-la-fraude/prevenir-la-fraude-financiere-envers-les-aines
- Curateur public / Gouvernement du Québec. (2025, 17 octobre). En cas d’abus dans une tutelle au majeur. https://www.quebec.ca/justice-et-etat-civil/protection-legale/tutelle-au-majeur/en-cas-abus