Une femme de 33 ans a vécu sans domicile fixe pendant deux ans après avoir quitté un conjoint violent, faute d’avoir trouvé une place en hébergement d’urgence, malgré plusieurs appels à SOS violence conjugale. Son témoignage, rapporté par le Journal de Montréal, met en lumière une faille structurelle : au Québec, quitter un agresseur ne garantit pas encore l’accès rapide à un lieu sûr.
L’histoire dépasse le cas individuel. Elle révèle un système d’aide saturé, où la sécurité immédiate dépend non seulement du courage de fuir, mais aussi de la disponibilité concrète de lits, de logements transitoires, d’accompagnement post-séparation et d’un filet institutionnel capable de tenir dans la durée.
Selon le Journal de Montréal, la victime, qui a demandé l’anonymat pour des raisons de sécurité, a dû abandonner rapidement son milieu de vie après avoir quitté son ex-conjoint. Or, malgré plusieurs démarches auprès de SOS violence conjugale, aucune place n’était disponible à proximité, ou seulement dans des ressources trop éloignées.
Cette absence de solution immédiate l’a plongée dans une grande précarité. Pendant deux ans, elle a vécu à la rue ou dans des situations instables, alors même que son ex-conjoint continuait à la retrouver et à la menacer lors de ses sorties de prison. L’homme portait notamment un bracelet antirapprochement, selon l’article, sans que cela suffise à mettre fin au risque.
« Quand tu n’as pas de logement, tu es tout le temps en fuite, en crainte, en hypervigilance et angoissée. Ça fait une énorme différence quand tu as un cocon de sécurité », a témoigné la victime au Journal de Montréal.
Le problème n’est pas seulement la violence, mais la sortie de la violence
Ce dossier rappelle une réalité souvent moins visible dans le débat public : la sortie d’une relation violente ne se joue pas uniquement au moment du départ. Elle dépend aussi de tout ce qui suit — hébergement d’urgence, logement stable, accès aux programmes d’aide, confidentialité de l’adresse, soutien psychosocial et protection à long terme.
Le témoignage cité par le Journal de Montréal montre à quel point l’absence d’adresse fixe peut aggraver le reste. Sans logement, les démarches administratives se compliquent, les programmes deviennent plus difficiles à rejoindre et la capacité de reconstruire une routine sécuritaire s’effondre. La victime a finalement pu compter sur l’appui de l’organisme Donne Pour Elles, et aurait même été hébergée temporairement par la mairesse d’une ville de la Mauricie pendant trois semaines.
La fondatrice de l’organisme, également citée anonymement, résume ainsi le vide institutionnel laissé après la fuite : « Il faut des ressources pour la nouvelle vie après. On fait quoi quand la personne sort de prison ? On fait quoi quand il y a récidives ? On fait quoi quand nos femmes doivent cacher leur identité, leur adresse ? »
Cette question est centrale. L’hébergement d’urgence protège du danger immédiat, mais la violence post-séparation, la traque, les menaces et les représailles exigent souvent des ressources de deuxième étape, plus longues et plus adaptées.
Une saturation documentée dans l’ensemble du Québec
Les chiffres disponibles confirment que ce cas n’est pas isolé. Dans son rapport d’activité 2023-2024, SOS violence conjugale indique avoir reçu 16 327 demandes d’hébergement, contre 13 063 l’année précédente et 10 020 en 2021-2022. Cette hausse soutenue s’accompagne d’une détérioration de la capacité de référence : le taux de succès est tombé à 50,8 % en 2023-2024, contre 59,4 % l’année précédente et 66 % en 2021-2022.
Autrement dit, à peine un peu plus d’une demande sur deux aboutissait à une place disponible. SOS écrit noir sur blanc : « On perd encore du terrain dans notre capacité à trouver des places d’hébergement. »
Plusieurs régions affichent des taux d’échec particulièrement élevés, notamment Montréal, Laval, l’Outaouais, Lanaudière et la Montérégie. Or ce sont aussi des territoires d’où provient une forte part des demandes.
Radio-Canada rapportait déjà en 2025 qu’« une demande d’hébergement sur deux » était refusée au Québec. Le phénomène n’est donc pas ponctuel : il s’inscrit dans une pression durable sur le réseau d’aide.
| Indicateur | Donnée | Source |
| Demandes d’hébergement à SOS | 16 327 en 2023-2024 | SOS violence conjugale |
| Demandes d’hébergement l’année précédente | 13 063 en 2022-2023 | SOS violence conjugale |
| Taux de succès de référence | 50,8 % en 2023-2024 | SOS violence conjugale |
| Demandes de services courants | 53 881 en 2023-2024 | SOS violence conjugale |
| Situation évoquée dans l’article de référence | 25 femmes refusées par jour depuis le début de 2026 | Journal de Montréal, citant SOS violence conjugale |
Tableau 1. Quelques indicateurs de pression sur les services d’aide et d’hébergement en violence conjugale au Québec.
Le manque de places d’urgence n’explique pas tout
Le problème ne se limite pas au nombre de lits en refuge. Les réseaux spécialisés rappellent depuis plusieurs années que l’insuffisance du financement touche toute la chaîne d’intervention. Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale soutenait en 2025 que l’enveloppe actuelle ne répondait qu’à environ 75 % des besoins. De son côté, l’Alliance MH2 insiste sur l’importance des maisons de deuxième étape pour prévenir les homicides conjugaux et soutenir les femmes et les enfants en période post-séparation, souvent la plus risquée.
Cette distinction est essentielle. Une femme peut parfois réussir à quitter rapidement, mais se retrouver ensuite sans solution durable. Si elle ne peut rester que quelques jours ou quelques semaines en hébergement d’urgence, sans logement sécuritaire ensuite, elle risque de basculer dans l’itinérance cachée, la fuite constante, ou même le retour forcé vers un milieu dangereux.
Le gouvernement du Québec rappelle pourtant que SOS violence conjugale constitue la porte d’entrée vers les ressources d’aide, de soutien et d’hébergement. Le problème n’est donc pas l’absence de mécanisme d’orientation, mais la rareté des places effectivement disponibles une fois la demande formulée.
La violence post-séparation reste un angle mort
L’affaire rapportée par le Journal de Montréal souligne aussi la persistance du danger après la rupture. La femme affirme que son ex-conjoint réussissait à la retrouver et à la menacer à chaque sortie de prison. Cette réalité correspond à ce que plusieurs organismes et spécialistes décrivent comme une violence post-séparation, souvent marquée par le contrôle, la surveillance, les menaces et la récidive.
SOS violence conjugale rappelle que 97,7 % des demandes reçues en 2023-2024 concernaient des situations actuelles ou post-séparation contemporaines. Le danger ne s’éteint donc pas au moment du départ. Au contraire, pour plusieurs victimes, c’est l’étape la plus instable.
Le récit mentionne également une violence extrême durant la relation : étranglement, séquestration dans une chambre froide et tentative alléguée de la brûler vive. Ces faits renforcent l’idée que l’absence de place en hébergement ne peut pas être perçue comme un simple problème logistique. Dans certains cas, elle peut constituer une mise en échec directe du principe même de protection.
Quitter un logement est parfois possible légalement, mais encore faut-il avoir où aller
Au Québec, une victime de violence conjugale peut mettre fin à son bail si sa sécurité ou celle d’un enfant est menacée. Québec, le Tribunal administratif du logement et Éducaloi expliquent la procédure et les documents requis. Mais ce droit, aussi important soit-il, ne résout pas la question fondamentale du relogement.
Pouvoir quitter légalement son logement n’équivaut pas à obtenir un toit sûr. C’est là que la pénurie de places transforme un droit théorique en parcours d’obstacles.
Au fond, ce dossier met en lumière une contradiction brutale : la société demande aux victimes de partir pour se protéger, mais ne garantit pas toujours l’existence immédiate d’un lieu où survivre après le départ. Tant que cette contradiction persistera, certaines femmes continueront de fuir sans jamais vraiment être sorties du danger.
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Références
- Journal de Montréal. (2026, 23 avril). « Malgré plusieurs appels à SOS violence conjugale, aucune place n’était disponible » : une femme à la rue pendant deux ans, faute de ressources. https://www.journaldemontreal.com/2026/04/23/malgre-plusieurs-appels-a-sos-violence-conjugale-aucune-place-netait-disponible—une-femme-a-la-rue-pendant-deux-ans-faute-de-ressources
- SOS violence conjugale. (2024). Rapport d’activité 2023–2024. https://sosviolenceconjugale.ca/uploads/PDF/RapportSOS.pdf
- Radio-Canada. (2025, 25 novembre). Violence conjugale : une demande d’hébergement sur deux refusée au Québec. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2209766/violence-conjugale-journee-sensibilisation-centre-hebergement
- Radio-Canada. (2025, 11 juin). Violentées et nulle part où aller. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2170367/femmes-refuges-violence-conjugale-victimes-hebergement
- Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. (2025, 27 janvier). Budget 2025 et violence conjugale : répondre à 100 % des besoins, c’est une question de survie. https://maisons-femmes.qc.ca/budget-2025-et-violence-conjugale-repondre-a-100-des-besoins-cest-une-question-de-survie/
- Gouvernement du Québec. (2026, 12 février). Aide et ressources pour les victimes de violence conjugale. https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/violences/violence-conjugale/aide-ressources
- Éducaloi. (s. d.). Mettre fin à un bail en raison de violence conjugale ou sexuelle. https://educaloi.qc.ca/capsules/mettre-fin-a-un-bail-en-raison-de-violence-conjugale-ou-sexuelle/
- Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale. (s. d.). Présentation de l’Alliance MH2. https://www.alliancemh2.org/