Une étude de l’Institut de la statistique du Québec révèle que 71 % des emplois occupés par des femmes au Québec sont hautement exposés à l’IA, contre 49 % pour les hommes — un écart qui soulève des questions cruciales sur l’avenir du travail.
La révolution de l’intelligence artificielle (IA) ne se fera pas de manière uniforme. Une étude publiée en janvier 2026 par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) jette une lumière crue sur une réalité jusqu’ici intuitive : les femmes sont en première ligne de cette transformation majeure du marché du travail . Selon le rapport, 71 % des emplois occupés par des femmes au Québec présentent une « haute exposition » à l’IA, un chiffre qui tombe à 49 % pour les hommes. Cet écart de 22 points de pourcentage, qui concerne 2,7 millions d’emplois au total, n’est pas anodin et signale une restructuration profonde dont les contours se dessinent déjà nettement selon le genre.
Un clivage marqué par la nature du travail
L’explication de cette disparité ne réside pas dans une vulnérabilité intrinsèque, mais bien dans la structure même du marché du travail québécois. Luc Cloutier-Villeneuve, analyste expert en statistiques du travail à l’ISQ et auteur de l’étude, explique cette divergence par la concentration des genres dans des secteurs distincts.
« Elles occupent des professions, notamment dans le secteur public, la santé, l’éducation. Ce sont des professions qualifiées qui, souvent, peuvent mettre à profit l’intelligence artificielle », précise-t-il dans une entrevue à La Presse Canadienne . « Tandis que chez les hommes, principalement, on les retrouve beaucoup dans la production, dans les métiers spécialisés, dans la soudure, la charpenterie, la construction, la fabrication. Ces métiers sont beaucoup moins propices à l’utilisation de l’intelligence artificielle. »
Cette concentration sectorielle est un facteur clé. Les professions à forte dominante féminine, souvent basées sur des compétences cognitives, administratives et relationnelles, sont précisément celles où l’IA générative excelle à analyser, synthétiser et communiquer de l’information. À l’inverse, les métiers majoritairement masculins, ancrés dans le travail manuel et la manipulation d’objets physiques, sont pour l’instant moins directement concernés par l’IA, bien qu’ils fassent face à une autre révolution, celle de l’automatisation et de la robotisation.
Tableau 1 : Exposition à l’IA par genre (Québec, 2024)
| Catégorie d’exposition | Femmes | Hommes | Écart |
| Professions faiblement exposées | 29 % | 51 % | -22 pts |
| Haute exposition + forte complémentarité | 35 % | 26 % | +9 pts |
| Haute exposition + faible complémentarité | 36 % | 23 % | +13 pts |
| Total haute exposition | 71 % | 49 % | +22 pts |
Source : Institut de la statistique du Québec, 2026
Exposition ne signifie pas disparition
L’étude de l’ISQ apporte une nuance cruciale : être « exposé » à l’IA n’est pas synonyme de « menacé de disparition ». Les auteurs distinguent deux types d’exposition. D’une part, une forte complémentarité, où l’IA agit comme un outil augmentant la productivité et l’efficacité, libérant les travailleurs des tâches répétitives. D’autre part, une faible complémentarité, où l’IA pourrait se substituer à des tâches humaines, entraînant une transformation plus radicale, voire une suppression de certains postes.
Les données montrent que les femmes sont surreprésentées dans les deux catégories. Si 35 % d’entre elles pourraient voir leur travail « augmenté » par l’IA (contre 26 % des hommes), une proportion encore plus grande, 36 %, se trouve dans des professions où le risque de substitution est plus élevé (contre 23 % des hommes). C’est dans ce dernier groupe, qui représente environ 769 000 femmes au Québec, que se concentrent les plus grands défis de requalification et de transition de carrière.
Le niveau d’études, un facteur déterminant
Sans surprise, le niveau de scolarité est directement corrélé à l’exposition à l’IA. Près de 86 % des personnes détenant un diplôme universitaire occupent un emploi hautement exposé. Ce chiffre tombe à environ 34 % pour celles ayant un diplôme d’études secondaires ou moins. Cette tendance s’explique par le fait que l’IA excelle dans les tâches cognitives non routinières, caractéristiques des professions qualifiées.
Tableau 2 : Exposition à l’IA par niveau d’études (Québec, 2024)
| Niveau d’études | Faiblement exposées | Haute exposition + forte complémentarité | Haute exposition + faible complémentarité |
| Secondaire ou moins | 66 % | 13 % | 21 % |
| Postsecondaire (sauf univ.) | 48 % | 22 % | 30 % |
| Universitaire (bac et plus) | 14 % | 53 % | 33 % |
Source : Institut de la statistique du Québec, 2026
Un phénomène mondial aux accents similaires
Le constat québécois s’inscrit dans une tendance mondiale. Une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT) de mai 2025 a révélé que dans les pays à revenu élevé, 9,6 % des emplois féminins sont confrontés au risque le plus élevé d’automatisation par l’IA . Des analyses de Goldman Sachs sont encore plus directes, estimant que 80 % des emplois menacés par l’automatisation sont actuellement occupés par des femmes .
Ce fossé est aggravé par un double paradoxe. Premièrement, des études de Harvard montrent que les femmes adoptent l’IA à un taux significativement plus faible que les hommes, souvent pour des raisons éthiques . Deuxièmement, le Forum économique mondial rapporte que les femmes représentent moins de 30 % de la main-d’œuvre dans le secteur de l’IA, et seulement 15 % des postes de direction . Cette sous-représentation crée un risque systémique : celui de développer des technologies qui non seulement ignorent les besoins de la moitié de la population, mais qui, en plus, encodent et amplifient les biais de genre existants.
Vers une transition juste
L’étude de l’ISQ n’est pas une prophétie de malheur, mais un appel à l’action. La transformation est en marche, et elle affectera différemment les segments de la population. Pour les femmes, le défi est double : naviguer une transition professionnelle dans des secteurs en pleine mutation tout en luttant pour une place équitable à la table où se conçoivent ces nouvelles technologies.
La situation exige des politiques publiques proactives, des programmes de formation continue ciblés et un engagement ferme du secteur technologique pour promouvoir la diversité. L’enjeu est de taille : faire de l’intelligence artificielle un levier pour réduire les inégalités, et non un outil qui les creuse davantage.
Note sur ce contenu : Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle expérimentale spécialisée, puis révisé par un membre de notre équipe. Bien que nous visions la plus grande précision, des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance est précieuse : si quelque chose vous semble incorrect, merci de nous le signaler.
Références
[6] Harvard Business School. (2025, 20 février ). Women Are Avoiding AI. Will Their Careers Suffer?
[7] Forum économique mondial. (2023 ). Global Gender Gap Report 2023.