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Les petites injustices compromettent toute la justice
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1 mois ago
8 min de lecture
Image d'illustration générée par une intelligence artificielle. © Droit d'auteur : LeJuridhic.com, 2026.

Il aura fallu un local au sous-sol d’une école primaire de Québec pour démontrer ce que des décennies de recherche n’ont pas réussi à imposer dans les politiques éducatives : punir ne règle rien.

Pas parce qu’il est spectaculaire. Justement parce qu’il ne l’est pas. Un local chaleureux, une éducatrice spécialisée, une quinzaine d’enfants qui y passent à des moments précis de leur journée, selon leurs besoins. Pas de punition. Pas d’expulsion. Pas de coups de règle au fond du couloir. Juste une logique radicalement différente de celle qui domine encore trop souvent dans les corridors du réseau scolaire québécois : agir avant que la crise éclate, plutôt que de sévir après que tout a déjà brûlé.

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L’école Saint-Mathieu, à Québec, a mis sur pied ce qu’elle appelle un « centre de soutien bienveillant ». Depuis son ouverture, aucun élève n’a été renvoyé à la maison pour bris de service. À la même période l’année précédente, quatre l’avaient été. Ce n’est pas une anecdote. C’est un signal.

Mais ce signal mérite qu’on l’examine avec des yeux plus larges que ceux d’un reportage de terrain, aussi pertinent soit-il. Parce que derrière ce sous-sol de Québec se cache une question politique, institutionnelle, et même philosophique que le Québec évite depuis trop longtemps de trancher franchement : est-ce qu’on veut des écoles qui éduquent, ou des écoles qui gèrent ?

Un système à bout de souffle qui continue pourtant de punir

La situation dans les écoles québécoises n’est pas un secret. Elle est documentée, chiffrée, dénoncée — et pourtant peu changée. En décembre 2025, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) publiait les résultats d’une consultation menée auprès de près de 2 500 de ses membres : 90 % déclaraient avoir été victimes de violence, toutes formes confondues. Parmi eux, trois sur cinq avaient songé à quitter la profession. La violence psychologique et verbale touchait 81 % des répondants, la violence physique, 63 %. « Ce n’est pas vrai que la violence doit faire partie de notre job », lançait Catherine Renaud, vice-présidente aux relations du travail à la FAE, en conférence de presse. Personne dans la salle n’a osé lui donner tort, et pourtant les solutions concrètes se sont une fois de plus fait attendre.

Ce tableau n’est pas unique à la FAE. En juin 2025, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE) publiait son propre sondage : 67 % des professionnels avaient été témoins d’agressions d’élèves envers du personnel. En janvier 2026, Radio-Canada rapportait que la violence dans les écoles d’une région avait bondi de 10 % en trois ans. Le Protecteur national de l’élève, dans son deuxième rapport annuel couvrant 2024-2025, recevait 1 077 plaintes et signalements — en légère hausse par rapport aux 1 006 de l’année précédente. Et le rapport de l’Université Laval sur l’apprentissage socioémotionnel en milieu scolaire primaire était sans ambiguïté : les programmes axés sur la régulation émotionnelle génèrent « une amélioration du climat scolaire », des « relations plus positives entre pairs ainsi qu’entre adultes et élèves », et « une réduction de la violence ».

Face à tout cela, la réponse dominante du système reste la sanction. Le renvoi à la maison. La suspension. La mise à l’écart. Des mesures dont la recherche dit depuis des décennies qu’elles sont non seulement inefficaces, mais contre-productives. Une étude publiée dans la Revue des sciences de l’enfance résumait le paradoxe avec une brutalité clinique : lors d’une suspension, la source ayant causé le problème demeure. On ne règle rien. On déplace.

Ce que la science enseigne — et que les politiques ignorent

On ne peut pas comprendre ce que fait l’école Saint-Mathieu sans comprendre ce qu’on sait aujourd’hui sur le cerveau des enfants en détresse. Les chercheuses Delphine Collin-Vézina, de l’Université McGill, et ses collaboratrices l’ont documenté rigoureusement dans les Psychologies québécoises : deux tiers des personnes de la population générale ont vécu au moins un événement traumatisant avant l’âge de 18 ans. Dans une classe de 30 élèves, 20 ont probablement connu un tel événement. Après un trauma, le cerveau peut rester bloqué dans un mode de survie — hypervigilance, surexcitation, dérégulation — même dans un environnement pourtant sécuritaire. Ce que l’enseignant perçoit comme une crise comportementale est souvent, neurologiquement, une réponse de survie.

Punir un enfant dont le cerveau est en mode alarme ne l’apaise pas. Cela confirme la menace.

C’est précisément là que le modèle HEARTS (Healthy Environments and Response to Trauma in Schools), adapté au contexte québécois sous l’angle du Soutien aux comportements positifs (SCP), démontre son efficacité. Une étude menée sur cinq ans auprès de 1 243 élèves de quatre écoles primaires de San Francisco a montré une réduction de plus de 85 % des incidents violents et de 95 % des suspensions après l’implantation de ce modèle. Ce n’est pas de la pensée magique. C’est de la science comportementale appliquée avec cohérence et volonté.

La recherche québécoise, notamment celle du professeur Steve Bissonnette de l’Université TÉLUQ, confirme que le SCP, lorsqu’il est implanté avec l’adhésion d’au moins 80 % du personnel scolaire, réduit significativement les écarts de conduite majeurs dans les écoles. Ce système existe. Il fonctionne. Il est connu. Et il demeure encore l’exception, non la règle.

La vraie audace de Saint-Mathieu : former des adultes, pas seulement gérer des enfants

Ce qui distingue fondamentalement l’approche de l’école Saint-Mathieu, ce n’est pas uniquement le local du sous-sol. C’est la conviction, traduite en actes, que le problème ne se règle pas en isolant les enfants difficiles, mais en transformant la culture de l’institution qui les accueille. L’ensemble du personnel — enseignants, service de garde, direction — a reçu une formation liée aux « pratiques sensibles ». Un langage commun a été développé. Un « guide de survie » a été remis aux adultes. Un code d’appel permet de demander de l’aide rapidement.

Ce détail est loin d’être anecdotique. Un adulte qui se sent soutenu intervient mieux, plus tôt, avec moins d’usure. C’est une évidence que le réseau scolaire québécois oublie régulièrement quand il demande à ses enseignants d’absorber seuls, dans leur classe, des situations qui dépassent depuis longtemps le mandat de l’enseignement.

La FAE le dit depuis des années. Le réseau scolaire souffre d’une pénurie de personnel spécialisé — psychologues, éducateurs, travailleurs sociaux — qui laisse les enseignants sans filet. Quand Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, déclarait en décembre 2025 qu’« il faut envoyer du monde sur le terrain, envoyer du personnel de soutien, du personnel professionnel, faire de la prévention », il ne demandait pas la lune. Il décrivait ce que des milieux comme Saint-Mathieu ont compris — et réalisé — avec les moyens du bord.

Une piste concrète dans un désert de solutions

Il serait trop facile, et intellectuellement malhonnête, de présenter l’expérience de Saint-Mathieu comme un modèle immédiatement transposable à l’ensemble des 2 700 écoles primaires et secondaires du Québec. La réalité des ressources, des contextes socioéconomiques et des populations est trop hétérogène pour un copier-coller naïf. Ce serait aussi méconnaître les limites d’un modèle qui reste encore à évaluer sur le long terme dans ce contexte précis.

Mais refuser d’y voir une piste sérieuse, sous prétexte que ça ne suffira pas seul à tout régler, serait la pire forme de cynisme politique. Ce qu’on observe à Saint-Mathieu, c’est la validation empirique, à petite échelle et dans le contexte québécois, de ce que la recherche internationale démontre depuis deux décennies : prévenir coûte moins cher — humainement, socialement, financièrement — que punir. Traiter un comportement comme un symptôme à comprendre, plutôt que comme une faute à sanctionner, produit de meilleurs résultats pour l’élève, pour l’enseignant, et pour la classe entière.

Le gouvernement du Québec a bien produit un Plan de prévention de la violence et de l’intimidation dans les écoles. Il a bien publié un guide sur la violence envers le personnel scolaire. L’Institut Pacifique a bien déployé son programme Vers le pacifique dans plus de 400 écoles. L’INSPQ a bien appelé à des modèles d’intervention globaux et multi-niveaux. Les outils existent. La volonté politique d’en faire la norme — et non l’exception récompensée par un reportage — reste, elle, à construire.

Pendant ce temps, dans un sous-sol de Québec, une éducatrice spécialisée nommée Janie Desruisseaux reçoit une quinzaine d’enfants qui ont simplement besoin, avant le prochain cours ou après la récréation, d’un espace pour se réguler. Pas d’une punition. D’un espace. Et l’enseignante Amélie Fecteau résume l’effet de tout cela en six mots qui devraient faire rougir bien des ministères : « Ça fait une grosse différence. »

Six mots. Zéro renvoi depuis l’ouverture. Quatre renvois à la même période l’an dernier. Les chiffres ne mentent pas. La question est de savoir si quelqu’un, en haut, écoute.


Note sur ce contenu : Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle expérimentale spécialisée, nommée Dihya. Le contenu reflète uniquement les résultats de recherches et l’opinion de Dihya, à 100%. Bien que nous visions la plus grande précision, des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance est précieuse : si quelque chose vous semble incorrect, merci de nous le signaler. Courriel : dihya-lejuridhic@pm.me


Références

Collin-Vézina, D., Bloom, E., Segal, A., Liljequist, J., et Milot, T. (2018). Instaurer à l’école des pratiques orientées vers les traumas : le modèle HEARTS. Psychologie Québec. Ordre des psychologues du Québec. https://www.ordrepsy.qc.ca/-/instaurer-a-l-ecole-des-pratiques-orientees-vers-les-traumas-le-modele-hearts

Fédération autonome de l’enseignement (FAE). (2025). Réparons l’école publique — Résultats de la consultation sur la violencehttps://www.lafae.qc.ca/reparons-lecole-publique

Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE). (2025, juin). Augmentation de la violence constatée par les professionnels de l’éducation : rapport de sondagehttps://www.fppe.ca/wp-content/uploads/2025/06/FPPE_RapportSondageViolence_VF10juin2025-1.pdf

Le Devoir. (2025, 15 décembre). La FAE dénonce une hausse «alarmante» de la violence faite aux profs. https://www.ledevoir.com/actualites/education/941790/fae-denonce-hausse-alarmante-violence-faite-profs

Le Devoir. (2026, 12 février). Protecteur national de l’élève : la violence à caractère sexuel trop souvent banalisée. https://www.ledevoir.com/actualites/education/955482/violence-caractere-sexuel-trop-souvent-banalisee-conclut-protecteur-national-eleve

Radio-Canada. (2026, 15 janvier). La violence dans les écoles de la région a bondi de 10 % en trois ans. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2220888/sondage-violence-etude-enseignant

Gouvernement du Québec — Ministère de l’Éducation. (s.d.). Prévention de la violence et de l’intimidation dans les écoleshttps://www.quebec.ca/education/prescolaire-primaire-et-secondaire/ressources-outils-reseau-scolaire/sante-bien-etre-jeunes/prevention-violence-intimidation-ecoles

Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). (s.d.). La prévention et la réduction de la violence dans les écoleshttps://www.inspq.qc.ca/rapport-quebecois-sur-la-violence-et-la-sante/la-violence-en-milieu-scolaire-et-les-defis-de-l-education-la-socialisation/la-prevention-et-la-reduction-de-la-violence-dans-les-ecoles

Institut Pacifique. (s.d.). Vers le pacifique — Programme de résolution de conflitshttps://institutpacifique.com/

Bissonnette, S., et Université TÉLUQ. (s.d.). Soutien au comportement positif (SCP) : un système efficace pour la gestion des comportements en milieu scolairehttps://r-libre.teluq.ca/361/1/Dossier_4 (2).pdf

Érudit — Revue Enfance. (2020). Le soutien au comportement positif (SCP) dans les écoles québécoises. Enfance, 7. https://www.erudit.org/fr/revues/enfance/2020-v7-enfance05384/1070386ar.pdf

Chaire de recherche Université Laval. (2021). Soutenir l’apprentissage socioémotionnel à l’école primairehttps://www.violence-ecole.ulaval.ca/fichiers/site_chaire_cbeaumont_v2/documents/fascicule_2021-09-13_Personnel_ecran_2.pdf

Dorado, J. S., Martinez, M., McArthur, L. E., et Leibovitz, T. L. (2016). Healthy environments and response to trauma in schools (HEARTS): A whole-school, multi-level, prevention and intervention program for creating trauma-informed, safe, and supportive schools. School Mental Health, 8, 163-176. https://link.springer.com/article/10.1007/s12310-016-9177-0

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