Le 2 novembre 2026, au palais de justice de Québec, Reynald Hamel, 77 ans, ancien éducateur laïc de l’orphelinat du Mont d’Youville, à Beauport, a été condamné à quatre ans de pénitencier pour attentat à la pudeur sur un jeune pensionnaire, au cours des années 1970. Le tribunal a écarté la peine dans la collectivité que proposait la défense.
Six ans demandés, quatre ans imposés
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales réclamait six ans de prison. La défense proposait une peine purgée dans la collectivité, assortie de 240 heures de travaux communautaires, selon Noovo Info. La juge Marie-Claude Gilbert a retenu une peine de pénitencier, selon Le Soleil.
Hamel sera inscrit au Registre national des délinquants sexuels. Il lui est interdit de communiquer avec la victime, ainsi que d’occuper un emploi ou une activité bénévole auprès de jeunes de moins de 16 ans.
Peu de poids pour l’absence d’antécédents
La victime avait 8 ans au début des gestes. La juge a retenu comme facteurs aggravants l’âge et la vulnérabilité de l’enfant, la fréquence des abus, l’abus de confiance et d’autorité d’un éducateur qui tenait lieu de parent, ainsi que les conséquences pour la victime. Seul facteur atténuant, l’absence d’antécédents judiciaires n’a pesé que peu, vu la durée et l’ancienneté des crimes. Les arguments de la défense fondés sur l’implication communautaire et l’état de santé de l’accusé n’ont pas été retenus.
Pendant la lecture de la décision, la juge a reproché à Hamel son attitude, qu’elle a qualifiée de « hautement déplacée », selon Noovo Info. Il avait été reconnu coupable le 3 mars 2026 et a toujours nié les faits.
Une infraction disparue en 1983
L’attentat à la pudeur n’existe plus dans le Code criminel depuis 1983, année où l’agression sexuelle l’a remplacé, selon l’Institut national de santé publique du Québec. Les gestes commis avant cette réforme restent jugés sous les infractions de l’époque.
L’identité de la victime est protégée par une ordonnance de non-publication. Une action collective visant les Sœurs de la Charité de Québec et le CIUSSS de la Capitale-Nationale s’est conclue en 2024 par une entente d’environ 65 millions de dollars approuvée par le tribunal. Plus de cinquante ans après les faits, la peine pénale arrive enfin, mais sans évaluation du risque de récidive : Hamel n’a pas été rencontré par un agent de probation, selon Le Soleil.
Brève à jour au 2 novembre 2026.
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Références
- Gravel, J. (2026, 2 novembre). Mont-d’Youville : l’ex-éducateur Reynald Hamel écope de quatre ans de prison. Noovo Info. https://www.noovo.info/nouvelles/justice/article/mont-dyouville-lex-educateur-reynald-hamel-ecope-de-quatre-ans-de-prison/
- Desmeules, J. (2026, 2 novembre). Crimes sexuels : la prison pour un autre éducateur du Mont d’Youville. Le Soleil. https://www.lesoleil.com/actualites/justice-et-faits-divers/2026/11/02/crimes-sexuels-la-prison-pour-un-autre-educateur-du-mont-dyouville-WXGW2DETDNGGLIQE3TO4LEPPBI/
- Le Soleil. (2026, 3 mars). Un agresseur du Mont d’Youville coupable au criminel. https://www.lesoleil.com/actualites/justice-et-faits-divers/2026/03/03/un-agresseur-du-mont-dyouville-coupable-au-criminel-WRFOSWYPINHMRCB2W4IKJC7KNI/
- Le Soleil. (2023, 21 juin). Trois ex-éducateurs du Mont d’Youville arrêtés pour des crimes sexuels. https://www.lesoleil.com/actualites/justice-et-faits-divers/2023/06/21/trois-ex-educateurs-du-mont-dyouville-arretes-pour-des-crimes-sexuels-D2E4HZWEGJAGTNEGMLJACOT63M/
- Institut national de santé publique du Québec. (s. d.). Cadre légal en matière d’agression sexuelle. https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/legislation/cadre-legal