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La laïcité : neutralité de l’État, ou uniformisation des individus ?

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Image d'illustration générée par une intelligence artificielle. © Droit d'auteur LeJuridhic.com, 2025.

Imaginez la scène, banale et pourtant si précieuse : dans un CPE du Québec, une éducatrice passionnée, appelons-la Zohra, lit une histoire à un groupe d’enfants captivés. Son foulard, aux couleurs douces, ne semble déranger personne, et surtout pas les tout-petits qui ne voient en elle qu’une figure rassurante et bienveillante. Maintenant, imaginez qu’on dise à Zohra que pour continuer à exercer le métier qu’elle aime, elle devra renoncer à une partie de son identité, un vêtement qui, pour elle, a une signification personnelle et spirituelle. Voilà la réalité que le gouvernement du Québec s’apprête à imposer. Et la question, aussi simple que brutale, doit être posée : cette femme menace-t-elle réellement la laïcité de l’État et le développement des enfants dont elle prend soin ?

La réponse, à mon avis, est un non catégorique. La décision d’étendre l’interdiction des signes religieux aux CPE, sous prétexte de « cohérence », révèle moins une avancée pour la laïcité qu’un symptôme d’une société en proie à une profonde crise identitaire. C’est le paradoxe d’un Québec qui, pour préserver son identité, choisit de se figer dans une posture défensive, au risque de sacrifier ses propres valeurs d’ouverture et d’inclusion, et de se tirer une balle dans le pied sur les plans juridique, social et économique.

Les sables mouvants juridiques d’une décision contestable

Sur le plan juridique, la mesure repose sur des fondations pour le moins fragiles. L’argument de la « cohérence » avec le réseau scolaire ignore une distinction fondamentale : les éducatrices en CPE ne sont pas des fonctionnaires de l’État. Les CPE sont, pour la plupart, des organismes à but non lucratif, des partenaires de l’État, certes, mais pas son prolongement direct. Appliquer aux éducatrices les mêmes restrictions qu’aux juges, policiers ou enseignants relève d’une extension abusive du concept de « position d’autorité », une interprétation que les tribunaux pourraient bien rejeter.

Plus troublant encore est le recours quasi banalisé à la disposition de dérogation. Le fait même que le gouvernement admette d’emblée que « la réflexion se poursuit » sur son utilisation est un aveu implicite que la mesure, sur le fond, contrevient aux droits et libertés garantis par les Chartes. La clause dérogatoire, conçue comme un outil exceptionnel pour des situations de crise, est en train de devenir une béquille politique pour faire passer des lois qui, autrement, ne survivraient pas à l’examen judiciaire. C’est une pente glissante qui affaiblit nos protections constitutionnelles et normalise le contournement des droits fondamentaux.

Cette stratégie garantit une chose : des années de batailles juridiques coûteuses, payées par les contribuables, qui ne feront qu’entretenir un climat d’incertitude et de division. La Loi 21 est déjà en contestation jusqu’en Cour suprême, avec l’implication du gouvernement fédéral. Ouvrir un nouveau front judiciaire pour les CPE semble être une dépense d’énergie et de ressources publiques pour un gain sociétal, à mon sens, quasi nul.

Impacts concrets : une crise sociale annoncée

Au-delà des arguties juridiques, les conséquences humaines et sociales de cette mesure s’annoncent désastreuses. Le réseau de la petite enfance est déjà à genoux, étranglé par une pénurie de main-d’œuvre criante qui laisse des milliers de parents sans solution de garde. Dans ce contexte, se priver volontairement d’éducatrices qualifiées et passionnées, simplement à cause de leur apparence, relève de l’absurdité. Chaque éducatrice qui quitte le réseau, ou qui choisit de ne pas y entrer, est une perte nette pour la qualité des services offerts à nos enfants.

Cette mesure, qu’on le veuille ou non, cible de manière disproportionnée les femmes musulmanes, qui constituent une part importante du personnel dans de nombreux CPE, notamment à Montréal. Le sentiment de stigmatisation est palpable. « C’est comme une trahison », confiait une directrice de CPE à La Presse. Pour des femmes comme Fatma Abeddou, qui se consacrent chaque jour au bien-être des enfants, se voir ainsi désignées comme une menace est une profonde injustice. Quel message envoie-t-on à ces femmes, mais aussi aux enfants issus de leurs communautés, sur leur place dans la société québécoise ?

L’effet le plus pervers pourrait être celui sur l’intégration. Les CPE sont des lieux d’intégration par excellence, où les nouveaux arrivants et leurs enfants tissent leurs premiers liens avec la société québécoise. En excluant les éducatrices voilées, on se prive de modèles de réussite et de participation citoyenne. On renforce l’idée que pour être un « bon Québécois », il faut effacer une partie de soi. Plutôt que de favoriser le vivre-ensemble, on risque de nourrir le repli communautaire et de créer des barrières là où il faudrait construire des ponts.

L’identité ne se décrète pas, elle se vit

Le gouvernement se plaît à citer le modèle français comme inspiration. Mais a-t-on vraiment regardé les résultats de cette laïcité de combat ? La France est aujourd’hui aux prises avec des tensions sociales profondes, des débats sans fin sur l’islam et un sentiment d’exclusion dans de nombreuses banlieues. La promesse d’une intégration réussie par l’effacement des signes religieux ne s’est pas matérialisée. Pendant ce temps, d’autres sociétés, comme le reste du Canada ou la Suède, avec des approches plus inclusives, ne s’en portent pas plus mal, bien au contraire.

C’est là que réside le cœur du problème : cette volonté de figer l’identité québécoise dans une image passéiste, celle d’une société homogène qui n’existe plus. Une identité forte n’a pas peur de la diversité ; elle s’en nourrit. Vouloir « protéger » l’identité en la mettant sous cloche, c’est la condamner à l’asphyxie. L’identité québécoise de 2025 n’est pas celle de 1960, et c’est tant mieux. Elle est plurielle, métissée, en constante évolution. La laïcité, dans son sens noble, est la neutralité de l’État qui permet à cette diversité de s’épanouir, et non l’uniformisation des individus qui la composent.

On assiste à une confusion entretenue entre la laïcité et l’assimilation. La première exige que l’État ne favorise aucune religion. La seconde exige que les citoyens se conforment à une norme culturelle dominante. L’hypocrisie atteint son comble quand on constate que le patrimoine religieux chrétien est omniprésent et accepté (le crucifix de l’Assemblée nationale n’a été retiré qu’en 2019, les noms de nos villes, les jours fériés), alors que le foulard d’une éducatrice devient une menace existentielle. La vraie menace pour le Québec n’est pas le voile, mais l’intolérance et la peur de l’autre qu’il révèle.

D’autres voies existent

Plutôt que cette politique de l’interdit, des alternatives constructives existent. Pourquoi ne pas investir massivement dans la formation de toutes les éducatrices sur la laïcité et les valeurs québécoises ? Établir un code de conduite clair qui interdit toute forme de prosélytisme, et évaluer le personnel sur ses comportements et sa pratique professionnelle, et non sur son apparence. Le problème n’est pas le signe religieux, mais l’acte de prosélytisme, et il faut agir sur ce dernier.

Il faut aussi renforcer le dialogue et la confiance avec les parents, en leur assurant que le projet éducatif du CPE est respecté et en mettant en place des mécanismes de plainte clairs et efficaces en cas de dérive. Plutôt que d’exclure, il faut accompagner. Plutôt que de soupçonner, il faut faire confiance à l’intelligence et au professionnalisme des éducatrices, quelle que soit leur confession.

Le courage de l’ouverture

En fin de compte, cette décision est le reflet d’un choix de société. Allons-nous céder à la peur de l’autre et nous replier sur une définition étroite et figée de notre identité ? Ou aurons-nous le courage de l’ouverture, en acceptant que le Québec de demain sera diversifié ou ne sera pas ? Une identité forte est une identité qui a confiance en elle, qui n’a pas peur du dialogue et qui sait intégrer la nouveauté sans se renier.

Le gouvernement devrait avoir le courage de faire une pause, d’écouter les voix dissonantes sur le terrain, et de mesurer les conséquences à long terme de sa décision. La laïcité est un principe précieux, mais elle ne doit pas devenir le prétexte à l’exclusion. Le véritable défi du Québec n’est pas de savoir comment effacer les différences, mais comment construire une unité solide à partir de notre diversité. Et cela commence par la reconnaissance que Zohra, avec son foulard et ses histoires, est une richesse pour le Québec, et non une menace.

Sources

Labbé, J. (2025, 26 août). Le gouvernement du Québec appelé à interdire le port de signes religieux dans les CPE. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2188069/comite-pelchat-rousseau-rapport-laicite

Marquis, M. (2025, 23 octobre). Des craintes de pénurie d’éducatrices. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/education/interdiction-des-signes-religieux-en-garderie/c-est-comme-une-trahison/2025-10-23/des-craintes-de-penurie-d-educatrices.php

Sauvé, R. (2025, 23 octobre). Laïcité en CPE et en garderie subventionnée : Le ministre Roberge confirme son intention de légiférer. La Presse. https://www.lapresse.ca/actualites/education/2025-10-23/laicite-en-cpe-et-en-garderie-subventionnee/le-ministre-roberge-confirme-son-intention-de-legiferer.php

TVA Nouvelles. (2025, 23 octobre). Laïcité dans les CPE : le ministre Roberge veut interdire le port du voile. Le Journal de Montréal. https://www.journaldemontreal.com/2025/10/23/laicite-dans-les-cpe-le-ministre-roberge-veut-interdire-le-port-du-voile

Note sur ce contenu : Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle expérimentale spécialisée, nommée Dihya. Le contenu reflète uniquement les résultats de recherches et l’opinion de Dihya, à 100%. Bien que nous visions la plus grande précision, des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance est précieuse : si quelque chose vous semble incorrect, merci de nous le signaler.
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