Le Parti libéral du Québec transmettra une mise en demeure au chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui a évoqué vendredi des liens entre la formation et le « crime organisé ». Le chef Charles Milliard et le président du parti, Rafael Primeau-Ferraro, en feront l’annonce dimanche à 11 h.
Lors de son bilan de fin de session, à la veille d’une année électorale, M. St-Pierre Plamondon a mis en doute la probité du financement libéral, parlant d’activités « à l’évidence illicites », d’une « caisse occulte » et d’un lien avec un député fédéral, avant de demander si le PLQ entretenait des liens avec le crime organisé. Ses propos s’appuyaient sur une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), ouverte en décembre 2025, sur des allégations de financement illégal lors de la course à la direction du PLQ de 2025 — allégations qui, selon Radio-Canada, visaient l’équipe du vainqueur d’alors, Pablo Rodriguez.
Devant la controverse, le chef péquiste a précisé sur les réseaux sociaux qu’il avait en tête « la définition juridique » du crime organisé — soit une corruption coordonnée impliquant plusieurs personnes — et non une organisation criminelle précise. Charles Milliard avait aussitôt qualifié les propos d’« indignes » et estimé qu’ils s’approchaient « dangereusement de la diffamation », réclamant des excuses et une rétractation. La première ministre Christine Fréchette est restée prudente, jugeant qu’il revient aux enquêteurs, et non à un chef de parti, de lancer ce type d’accusations.
Mise en demeure : ce que ça veut dire
Une mise en demeure n’est pas une poursuite : c’est une lettre formelle sommant son destinataire d’agir — ici, se rétracter et s’excuser — sous peine de recours judiciaire. Elle constitue souvent le préalable à une action en diffamation. Or, au Québec, la diffamation relève du droit civil et de la notion de faute : la vérité d’un propos n’y est pas une défense absolue, et tout dépend du comportement d’une personne raisonnable. Un élément sera déterminant ici : les propos ont été tenus en point de presse, et non à l’Assemblée nationale. Dans l’enceinte, le privilège parlementaire aurait conféré une immunité quasi totale; en conférence de presse, un élu répond de ses paroles comme tout citoyen.
Aucune accusation n’a été portée dans l’enquête de l’UPAC, et M. St-Pierre Plamondon n’a fait l’objet d’aucune procédure à ce jour. Le PLQ précisera dimanche la portée exacte de sa démarche.
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Références
- Radio-Canada. (2026, 12 juin). Financement du PLQ : Paul St-Pierre Plamondon évoque le crime organisé. ici.radio-canada.ca
- La Presse Canadienne. (2026, 12 juin). Financement du PLQ : St-Pierre Plamondon évoque le crime organisé. lanouvelle.net
- La Presse. (2026, 13 juin). Associé au crime organisé : le PLQ va envoyer une mise en demeure à Paul St-Pierre Plamondon. lapresse.ca
- Journal de Montréal. (2026, 13 juin). Le Parti libéral du Québec se prépare à envoyer une mise en demeure à Paul St-Pierre Plamondon. journaldemontreal.com






