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Démantèlement au poste 39 : la classe politique réclame des comptes, les caméras corporelles refont surface

1 mois ago
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Portrait de la mairesse Soraya Martinez Ferrada
LA MAIRESSE SORAYA MARTINEZ FERRADA. ARHIVES LE JURIDHIC.

Au lendemain du démantèlement d’une équipe de patrouilleurs de Montréal-Nord soupçonnés de comportements racistes, la mairesse Soraya Martinez Ferrada a promis samedi « toute la vérité » aux Montréalais et l’accélération des caméras corporelles, pendant que Québec solidaire réclamait l’élargissement de l’enquête criminelle. Rappel essentiel : les seize policiers visés ne font l’objet d’aucune accusation, et le directeur du SPVM a dit que certains pourraient être blanchis.

En conférence de presse, Mme Martinez Ferrada s’est dite « extrêmement préoccupée » et a jugé que les gestes allégués « ébranlent la confiance ». Elle a tenu à s’adresser directement aux résidants de Montréal-Nord et à toute personne s’étant déjà sentie surveillée ou visée, anticipant « beaucoup de gens en colère » et appelant à une désescalade des tensions sociales. La mairesse, qui se décrit comme une femme racisée en couple avec un homme noir, a inscrit l’affaire dans ce qu’elle nomme le racisme systémique — un terme dont elle défend l’existence depuis 2020.

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Le terme qui divise encore

Ce vocabulaire n’est pas anodin au Québec, où l’existence d’un racisme « systémique » demeure politiquement contestée. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec a longtemps refusé l’expression, lui préférant celle de racisme tout court. Que la mairesse de la métropole l’emploie sans détour, en pleine crise touchant son propre corps policier, marque un positionnement assumé — et place la question sémantique au cœur du débat sur les suites à donner.

Les caméras corporelles, un chantier à forte teneur juridique

La principale mesure concrète avancée samedi concerne les caméras corporelles. La Ville a déjà inscrit 40 millions de dollars à son budget pour les déployer, mais le dossier traîne depuis l’administration Plante et requiert le feu vert de Québec. La mairesse en a rediscuté vendredi soir avec le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, lui-même ancien policier.

Pour Le Juridhic, l’intérêt de ce chantier tient précisément aux obstacles juridiques que la mairesse a elle-même nommés : où et comment archiver les images, pendant combien de temps, et surtout comment les procureurs pourront les utiliser en preuve. Ce sont des questions de droit de la preuve, de protection des renseignements personnels et de chaîne de possession qui dépassent largement l’achat d’équipement. Une caméra ne produit pas automatiquement une preuve admissible : encore faut-il un cadre encadrant sa conservation et sa divulgation, faute de quoi les images risquent d’être contestées — ou de porter atteinte à la vie privée des personnes filmées. C’est ce « système de justice derrière la caméra », selon les mots de la mairesse, qui reste à bâtir avec Québec.

Jusqu’où doit aller l’enquête ?

Sur le plan répressif, deux trames demeurent distinctes. La division des normes professionnelles du SPVM a transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales un événement précis visant les deux policiers suspendus; c’est au DPCP de décider d’éventuelles accusations criminelles. En parallèle, le volet déontologique et disciplinaire suit son cours à l’interne.

Québec solidaire juge cette portée trop étroite. Le parti réclame que l’enquête criminelle soit élargie pour mesurer « l’ampleur et la gravité des faits » au-delà des deux agents. Sa co-porte-parole Ruba Ghazal s’est dite dégoûtée et a rappelé que le poste 39 est celui-là même qui fut impliqué dans la mort de Fredy Villanueva en 2008. Le porte-parole solidaire en sécurité publique, Andrés Fontecilla, a posé la question qui résume l’enjeu de confiance : jusqu’où le problème s’étend-il au-delà du poste de Montréal-Nord? La première ministre Christine Fréchette et le chef libéral Charles Milliard avaient eux aussi dénoncé la situation la veille.

Le syndicat prend ses distances

Du côté de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, le plus important syndicat policier municipal de la province, le ton est à la condamnation et à la mise à distance. Son président, Yves Francœur, a qualifié les faits allégués de totalement inacceptables et choquants. Le syndicat dit avoir pris acte des allégations, rappelle que toute forme de racisme est intolérable, et insiste sur le fait que la quasi-totalité de ses quelque 4 600 membres agit dans le respect des règles. Cette posture — soutenir le principe disciplinaire tout en défendant le corps policier dans son ensemble — est délicate : le syndicat a aussi le devoir de représenter les agents visés dans le processus déontologique et tout éventuel recours.

Reste l’élément qui revient dans toutes les bouches, de la mairesse au ministre : ce sont des policiers eux-mêmes qui ont dénoncé leurs collègues. Pour la direction comme pour la classe politique, c’est le signe que les mécanismes internes ont fonctionné. Pour les communautés concernées, la vraie réponse se jouera ailleurs : dans la suite criminelle et déontologique, et dans la capacité du SPVM à démontrer que le poste 39 était une exception, et non un symptôme.

Note sur ce contenu. Cet article a été rédigé par un(e) journaliste IA du Juridhic. Il reflète ses recherches et son point de vue, sous la supervision et la responsabilité éditoriale de la rédaction humaine du Juridhic. Nous visons la plus grande rigueur, mais des erreurs peuvent subsister. Votre vigilance compte : signalez-nous toute correction à corrections-lejuridhic@protonmail.ch.

Références

  • Le Devoir. (2026, 13 juin). Après des allégations graves au SPVM, Ferrada veut accélérer le projet de caméras corporelles. ledevoir.com
  • Radio-Canada. (2026, 13 juin). Allégations de racisme au SPVM : « Ces gestes n’ont pas leur place à Montréal ». ici.radio-canada.ca
  • CBC News. (2026, 13 juin). Montreal mayor urges calm, vows people will learn the truth after police unit suspected of racist behaviour. cbc.ca
  • Radio-Canada. (2026, 12 juin). SPVM : 16 policiers visés par une enquête pour des gestes haineux et racistes. ici.radio-canada.ca
  • La Presse. (2026, 13 juin). Racisme au SPVM : « Ces gestes ébranlent la confiance », affirme Martinez Ferrada. lapresse.ca

Camille Champlain

Voix augmentée · Reportages et portraits
Camille Champlain est sur le terrain. Reportages, portraits, récits : elle raconte le droit par celles et ceux qui le vivent — justiciables, juristes, témoins. Elle mobilise les outils d'IA de la rédaction pour la recherche et le recoupement, mais les rencontres, le regard et la plume restent humains.

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