Les quelque 300 travailleurs de l’usine ouest d’ArcelorMittal, à Contrecœur, ont rejeté à 61 % l’offre finale et globale de l’employeur le 15 septembre 2026, au 46e jour d’une grève générale illimitée déclenchée le 1er août. Le Code du travail n’impose aucun dénouement à un conflit du secteur privé : il ouvre des portes que les parties demeurent libres de ne pas franchir.
Le vote s’est tenu à l’initiative du syndicat, la section locale 6951 des Métallos, affiliée à la FTQ. Selon son président, Éric Piette, l’employeur aurait choisi cette voie plutôt que la poursuite des pourparlers : « L’employeur a préféré que nous présentions une offre finale et globale », a-t-il déclaré à La Presse Canadienne. L’entreprise n’a pas commenté publiquement le résultat du scrutin.
L’écart se resserre d’un vote à l’autre. Le mandat de grève avait été adopté à 97,2 % et une première proposition patronale rejetée à 90 %, selon le communiqué syndical du 1er août ; l’offre finale tombe cette fois à 61 % d’opposition. La convention collective est échue depuis le 31 juillet. L’usine produit des barres d’armature, des billettes et du fil machine.
Le litige porterait d’abord sur les salaires : les grévistes réclameraient un rattrapage correspondant au retard accumulé sur l’inflation, un motif que le syndicat met de l’avant depuis le déclenchement du conflit.
Ce que prévoit le Code du travail
Trois avenues restent ouvertes. L’article 54 du Code du travail permet à l’une ou l’autre des parties de demander en tout temps au ministre de désigner un conciliateur « pour les aider à effectuer une entente ». L’article 55 autorise le ministre à en désigner un d’office, à charge d’en informer les parties. Le ministère du Travail offre ces services de médiation-conciliation sans frais.
L’article 58.2 prévoit pour sa part un scrutin secret permettant aux salariés de se prononcer sur les dernières offres de l’employeur — un recours que celui-ci n’a pas eu à exercer ici, puisque le syndicat a soumis l’offre au vote de lui-même. Cette disposition est en vigueur dans sa version actuelle depuis le 1er janvier 2016.
Aucun de ces mécanismes n’oblige les parties à s’entendre, et l’arbitrage de différend demeure volontaire hors du cas d’une première convention collective. Les Métallos se disent « prêts à revenir négocier à tout moment », selon leur représentant Yves Rolland. D’ici là, la grève se poursuit.
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Références
- Syndicat des Métallos. (2026, 15 septembre). Les grévistes d’ArcelorMittal rejettent une proposition de l’employeur. metallos.org
- Syndicat des Métallos. (2026, 1er août). Déclenchement d’une grève à l’usine ouest d’ArcelorMittal à Contrecoeur. metallos.org
- Code du travail, RLRQ c. C-27, art. 54, 55 et 58.2. Légis Québec
- La Presse Canadienne. (2026, 15 septembre). ArcelorMittal : les grévistes de l’usine de Contrecoeur rejettent la dernière offre. L’Écho de Laval
- Ministère du Travail. (s. d.). Services de médiation-conciliation. Gouvernement du Québec. quebec.ca






